Susceptible d'être un cynique mélange d'idées, de nouvelles sur les travaux intéressants (si j'en trouve) de nos gouvernements et d'élans philosophiques aussi sarcastiques que provocateurs, j'espère que je pourrai déranger notre culture politique, aussi amorphe que le sens de l'humour de Stephen Harper.

dimanche, janvier 28, 2007

Comment atteindre une réduction de 77% des émissions de CO2 en 14 ans

Le gouvernement Harper refuse de mettre en place la moindre ressource gouvernementale pour l'atteinte du mince objectif de Kyoto, soit une réduction de 6% des émissions de CO2 d'ici 2010. Le gouvernement Charest dit chercher à atteindre cet objectif mais, comme les gouvernements précédents, n'a été capable d'aucune mesure significative. Le Québec a plutôt vu ses émissions de CO2 et autres polluants augmenter constamment depuis la signature du protocole.

Stephen Harper a déclaré qu'une réduction de 6% était impossible et qu'il y avait amplement de preuves à cet effet. Comme à son habitude, Harper n'a fourni aucun exemple de ces "preuves". Ceci rappelle une ironie récente de M. Harper, déclarant en entrevue que les canadiens exigeaient des solutions concrètes sans pourtant en présenter aucune, apparemment inconscient que cette responsabilité est la sienne et qu'il s'agit d'un travail normalement à effectuer avant une élection. Un gouvernement qui promet de prendre des mesures est inutile. Il faut faire ses devoirs avant d'accepter une responsabilité importante.

Pourtant un comté britannique, Woking, qui a pris des actions concrètes depuis 1991, a réussi à diminuer ses émissions de polluants de 49% et de CO2 de 77%. L'efficacité énergétique a augmenté de 26%, ce qui se traduirait par près de 10 TW/h (terrawatt/heure) au Québec, pour une valeur d'environ $580M par année (10,000,000,000 kW/h * ~$0,058). Après dix ans c'est le prix du nouveau barrage, en plus de réduire un pourcentage significatif de nos émissions de CO2.

Les avantages de la réduction de pollution seraient moins significatifs au Québec. Woking est parti de très loin avec l'archaïque système britannique, qui repose majoritairement sur le charbon et gaspille plus des 2/3 de l'énergie produite. Il n'empêche qu'il s'agit d'une démonstration irréfutable d'un fait évident pour tous les canadiens à l'exception de ceux qui occupent les postes capables d'agir: une politique graduelle et bien gérée peut atteindre des objectifs majeurs en quelques années.

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mardi, janvier 23, 2007

Surprise: les bons peuvent être aussi méchants que les mauvais

Un mythe typique dans toute société est la ferme croyance d'une moralité supérieure sur l'ennemi. Les colonisateurs européens, aussi sauvages étaient-ils dans leur conversion des indigènes "barbares", avaient un impératif moral supérieur justifiant leurs actes barbares. Ils agissaient pour le bien de la chrétienté et ne pouvaient donc agir de façon aussi barbare que les barbares eux-mêmes.

Cette croyance est particulièrement forte actuellement aux États-Unis, où la suprématie morale des chrétiens américains est criée dans tous les médias pour justifier les "dommages collatéraux", n'ayant rien à voir avec les victimes innocentes et délibérées massacrées et torturées par les méchants terroristes.

Quand les camps de concentration nazis ont été révélés au monde entier, la ferme croyance que les méchants nazis étaient le mal incarné fut inscrite à l'histoire et justifia les actes de guerre méprisables des alliés sur la base du critère Hitler: oui ce qu'on fait est horrible mais c'est moins pire que ce que Hitler a fait. Le massacre de Dresden, les inutiles bombes atomiques sur le Japon. Tout ça était horrible mais nécessaire, pas des actes délibérés de violence cruelle dont seul l'ennemi est capable.

En sus de l'internement des citoyens japonais-américains, mais pas des allemands-américains ou italiens-américains, surprise, en sus du massacre systématique de Tokyo, brulé en presque totalité par des bombes incendiaires et de l'usage de certains de nos compatriotes québécois comme chair à canon, une autre révélation intéressante a fait surface démontrant une fois de plus que personne n'est au-dessus d'un idéal moral et que personne ne mérite le bénéfice du doute, surtout les politiciens.

Des archives britanniques récemment rendues publiques ont révélé que le traitement des prisonniers de guerre allemands et communistes suspectés par les autorités britanniques était digne des traitements dans les camps de concentration nazis.

Les britanniques ont torturé les nazis dans les mêmes camps où les nazis ont torturé des innocents. Les américains ont torturé des irakiens dans les prisons de Saddam Hussein.

Les expériences psychologiques de Milgram et de Stanford, pour ne nommer que les plus célèbres, ont révélé efficacement que tout être humain peut être transformé en brute sanguinaire si le contexte y est propice.

Pour citer un des officiers britanniques peu impressionné par les actes de certains de ses camarades et exprimant des réserves sur leur comportements: "je suis devenu très impopulaire après ça... le sergent avait une faible opinion de mes remarques."

L'immunité, quelle soit accordée à un soldat en temps de guerre ou à un politicien par défaut est aussi contre-productive qu'elle est inutile. Le gouvernement britannique croyait apparemment que la troisième guerre mondiale était proche, justifiant tous les actes capables de donner un avantage sur l'"ennemi". Le gouvernement américain utilise, sans surprise, un discours semblable pour excuser les centaines de milliers de victimes de la guéguerre de George Bush.

L'histoire ne se répète pas. Il n'y a que des idiots qui s'entêtent à répéter les mêmes stupidités. La pire stupidité que nous continuons de maintenir est d'accorder le bénéfice du doute à nos gouvernements.

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