Surprise: les bons peuvent être aussi méchants que les mauvais
Un mythe typique dans toute société est la ferme croyance d'une moralité supérieure sur l'ennemi. Les colonisateurs européens, aussi sauvages étaient-ils dans leur conversion des indigènes "barbares", avaient un impératif moral supérieur justifiant leurs actes barbares. Ils agissaient pour le bien de la chrétienté et ne pouvaient donc agir de façon aussi barbare que les barbares eux-mêmes.
Cette croyance est particulièrement forte actuellement aux États-Unis, où la suprématie morale des chrétiens américains est criée dans tous les médias pour justifier les "dommages collatéraux", n'ayant rien à voir avec les victimes innocentes et délibérées massacrées et torturées par les méchants terroristes.
Quand les camps de concentration nazis ont été révélés au monde entier, la ferme croyance que les méchants nazis étaient le mal incarné fut inscrite à l'histoire et justifia les actes de guerre méprisables des alliés sur la base du critère Hitler: oui ce qu'on fait est horrible mais c'est moins pire que ce que Hitler a fait. Le massacre de Dresden, les inutiles bombes atomiques sur le Japon. Tout ça était horrible mais nécessaire, pas des actes délibérés de violence cruelle dont seul l'ennemi est capable.
En sus de l'internement des citoyens japonais-américains, mais pas des allemands-américains ou italiens-américains, surprise, en sus du massacre systématique de Tokyo, brulé en presque totalité par des bombes incendiaires et de l'usage de certains de nos compatriotes québécois comme chair à canon, une autre révélation intéressante a fait surface démontrant une fois de plus que personne n'est au-dessus d'un idéal moral et que personne ne mérite le bénéfice du doute, surtout les politiciens.
Des archives britanniques récemment rendues publiques ont révélé que le traitement des prisonniers de guerre allemands et communistes suspectés par les autorités britanniques était digne des traitements dans les camps de concentration nazis.
Les britanniques ont torturé les nazis dans les mêmes camps où les nazis ont torturé des innocents. Les américains ont torturé des irakiens dans les prisons de Saddam Hussein.
Les expériences psychologiques de Milgram et de Stanford, pour ne nommer que les plus célèbres, ont révélé efficacement que tout être humain peut être transformé en brute sanguinaire si le contexte y est propice.
Pour citer un des officiers britanniques peu impressionné par les actes de certains de ses camarades et exprimant des réserves sur leur comportements: "je suis devenu très impopulaire après ça... le sergent avait une faible opinion de mes remarques."
L'immunité, quelle soit accordée à un soldat en temps de guerre ou à un politicien par défaut est aussi contre-productive qu'elle est inutile. Le gouvernement britannique croyait apparemment que la troisième guerre mondiale était proche, justifiant tous les actes capables de donner un avantage sur l'"ennemi". Le gouvernement américain utilise, sans surprise, un discours semblable pour excuser les centaines de milliers de victimes de la guéguerre de George Bush.
L'histoire ne se répète pas. Il n'y a que des idiots qui s'entêtent à répéter les mêmes stupidités. La pire stupidité que nous continuons de maintenir est d'accorder le bénéfice du doute à nos gouvernements.
Libellés : deuxième guerre mondiale, george W bush, gouvernement, irak, nazis

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