Temps de moderniser la propriété intellectuelle
J'ai argumenté sur la nécessité de réformer les systèmes de propriété intellectuelle dans le cadre de mes écrits à l'Institut Économie, Science et Communication. Voilà qu'une étude commanditée par la BBC, la Librairie nationale britannique et le Conseil du film du Royaume Uni recommande une réévaluation en grand des principes directeurs de la propriété intellectuelle.
L'industrie moderne, basé sur l'information, la communication et les relations organisationnelles est complètement incompatible avec les lois qui régissent la propriété intellectuelle de l'ère industrielle. Ces lois sont davantage un frein pour l'économie mondiale et protègent les acquis d'une minorité au détriment de l'humanité.
Le rapport recommande de réévaluer entièrement l'approche sur la propriété intellectuelle, notamment que la connaissance soit reconnue comme un bien public avant d'être un droit individuel. 4 modèles sont présentés, passant de la restriction totale à un "cyber-socialisme". Le Royaume Uni se trouve fondamentalement au deuxième niveau, que le Canada partage timidement avec des effluves du modèle américain, le plus primitif. Le rapport recommande clairement le passage du deuxième niveau au troisième, à savoir la primauté du bien collectif sur la propritété privée de la connaissance.
Je recommande une telle approche pour moderniser la propriété intellectuelle au Québec et espère que le débat qui fera rage au Royaume Uni crééra un entrain ici, où nous sommes beaucoup trop lèche-bottes envers les pressions des législateurs américains, essentiellement contrôlés par les lobbyistes des grands médias mettant davantage d'efforts à contrôler leurs maigres créations qu'à en créer de nouvelles.
La connaissance est un processus créatif, collectif et qui n'est jamais le résultat d'un travail individuel. Il n'y a aucune raison pourquoi la connaissance devrait être enchaînée comme elle l'est sous les lois actuelles, alors que les protections individuelles sont contraires à leur développement.
Ce que je favorise est l'obligation légale que le créateur d'une propriété intellectuelle soit rémunéré à une valeur raisonnable et standardisée. L'utilisation ne devrait toutefois jamais être interdite à quiconque pour autant. Après tout si Bell développe une technologie et qu'en l'utilisant Vidéotron verse des royautés à Bell en retour, personne n'est perdant.
Il serait bien intéressant de savoir si des technologies révolutionnaires sont gardées sous secret grâce à ces lois. Uniquement pour les voir bénéficier l'économie mondiale, il en vaut pleinement la peine de considérer cette transformation.
Après tout une économie fondée sur le savoir mais où ce savoir est confidentiel est un oxymoron ambulant, prèt à une combustion spontanée causée par un niveau de contradiction plus sévère que le terme «science politique» ne pourrait jamais l'être.

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