En mémoire de Saddam Hussein
Les médias d'information modernes ont une capacité d'attention généralement chiffrée en secondes. Tout ce qui s'est passé il y a plus d'une heure est toujours une nouvelle à chaque fois qu'on le rappelle. Une chose que les départements de journalisme ne semblent pas enseigner à leurs étudiants est de donner le contexte d'une nouvelle.
Avec les technologies modernes et la recherche sur le Web, de Google aux nombreux services de recherche spécialisés pour les journalistes, il n'y a aucune excuse pour ne pas présenter le contexte complet d'une nouvelle.
La nouvelle est tombée: Saddam Hussein sera condamné à mort par pendaison. Rien de surprenant là-dedans et dans l'ensemble une bonne nouvelle. Un dictature sera jugé et exécuté pour ses crimes. Les quelques milliers d'autres qui ont massacré leur part d'innocents au cours du 20e siècle s'en sortent tous indemnes, incluant Pinochet, Taylor et autres. Mais un sera jugé, c'est important. Non?
Personnellement j'aurais préféré une punition à la Little Nicky, où la punition d'Hitler est un ananas quotidien bien profond dans le colon vêtu d'un tutu rose. C'est pas mal plus satisfaisant comme punition, avec sa dose d'humiliation, une punition intéressante pour l'égo d'un dictateur, et ça dure pas mal plus longtemps. J'aurais ajouté l'obligation d'écouter South Park le film, où Saddam est savamment humilié, en continu jusqu'à son dernier souffle.
Mais il est évident que cet évènement est une occasion intéressante de rappeler l'histoire de Saddam Hussein, par exemple comment il a été armé, entrainé et reçu le support financier et militaire des États-Unis pendant 30 ans.
Mais c'est compliqué. Il faut effectuer toutes sortes de recherches et ça demande de vérifier les sources, peut-être même consulter un historien et autres tâches apparemment trop difficiles pour un journaliste.
Surtout quand un des grands fils de presse, UPI, fournit toute l'histoire à ceux qui veulent bien l'utiliser. Bien sur quelques journaux la reproduiront, mais ne compter pas sur la majorité pour le faire. La nouvelle sur le site de Radio-Canada cite par exemple ceci comme contexte: Hussein a dirigé l'Irak de 1979 à 2003, moment de l'invasion américaine qui a conduit à la chute de son régime.
Pas de mention que Saddam est venu au pouvoir avec le soutien de la CIA, qui cherchait à renverser le dictateur au pouvoir à cet époque: le Général Abd al-Karim Qasim. Pas de mention que Saddam avait été entrainé et financé, comme bin Laden, par la CIA dans l'obsession américaine envers le communisme. Pas de mention non plus que pendant la guerre Iraq-Iran, de 1980 à 1988, alors que des centaines de milliers sont morts, les États-Unis ont fourni des informations stratégiques pour aider Saddam à repousser les attaques iraniennes.
Exactement comme bin Laden, qui avait été entrainé par la CIA pour combattre l'invasion soviétique en Afghanistan durant la même période que la guerre Irak-Iran, Saddam a été en quelque sorte un chien d'attaque qui s'est retourné contre son maitre. Ca arrive tellement souvent avec les fous à lier que les "réalistes" politiques, "experts" américains de la politique étrangère, considèrent un moindre mal au sein d'un système politique international anarchique. Quel bande de clowns que les politologues.
Qu'est-ce que ça prend pour que les politiciens de tous les pays perdent à jamais le bénéfice du doute? Qu'est-ce que ça prend pour qu'on les surveille aussi étroitement qu'un enfant, comme il se doit?
Il me semble qu'un pyromane on ne lui donne pas un bidon de gaz et les clefs d'une maison dont les propriétaires sont absents. On ne donne pas non plus une bouteille de vodka et les clefs d'une BMW à un chauffard.
Pourquoi alors on donne aux politiciens le droit de travailler en secret? Le comble de la stupidité est de refaire exactement la même chose et attendre un résultat différent. Est-ce qu'on peut arrêter d'être stupides et surveiller tout ce que nos politiciens font, seule façon de savoir ce qu'ils font avec les milliers de dollars qu'on leur donne chaque année?
Quelle leçon tirer en mémoire de Saddam Hussein? Les mêmes erreurs se répètent continuellement en politique. Mais ce n'est pas du tout un fatalisme, comme beaucoup aiment argument avec poésie. C'est plutôt parce que les conditions qui permettent aux égomaniaques et aspirants dictateurs sont encore présente, même après 2500 ans d'évidence ferme qu'on ne devrait jamais donner le droit à un politicien de prendre la moindre décision en secret.
L'histoire ne se répète pas. Des acteurs différents ne font que jouer le même scénario en espérant des résultats différents. La politique est cruellement le domaine le plus primitif de l'humanité.
Et comme chialer sans donner de solutions est une perte de temps, voici les miennes: Pour un Québec moderne.

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