Susceptible d'être un cynique mélange d'idées, de nouvelles sur les travaux intéressants (si j'en trouve) de nos gouvernements et d'élans philosophiques aussi sarcastiques que provocateurs, j'espère que je pourrai déranger notre culture politique, aussi amorphe que le sens de l'humour de Stephen Harper.

mercredi, août 30, 2006

Ils sont fous ces américains!: Un sénateur américain utilise une procédure du Sénat pour bloquer une loi sur l'ouverture des dépenses publiques

Le sénat américain est la seconde institution la plus puissante des États-Unis, après la présidence. Il est constitué de 100 sénateurs, deux de chaque état, élus pour une durée de six ans. Les sénateurs bénéficient de certaines règles et prérogatives, notamment la destitution du président, leur accordant un grand pouvoir.

Récemment, un projet de loi a été introduit par deux sénateurs visant à créer une base de données centralisée publique et simple d'utilisation pour permettre aux citoyens de savoir qui reçoit de l'argent du fédéral. Les dépenses du gouvernement américain dépassent les $2,000 milliards par année et sont légendaires pour leur gaspillage (on n'a qu'à penser aux $500 milliards gaspillés annuellement dans la guerre).

Cette loi a cependant été bloquée par un sénateur au moyen d'une procédure secrète, permettant à tout sénateur de bloquer un projet de loi de façon anonyme. La seule façon de trouver l'identité du sénateur en question est de téléphoner activement les bureaux de chaque sénateur et exiger une confirmation ou un déni.

C'est précisément ce que des milliers de citoyens américains ont fait. Les efforts ont été largement coordonnées au travers d'une alliance de plusieurs blogues politiques à grande audience (plusieurs millions de lecteurs hebdomaires).

Les efforts auraient mené à l'identification du sénateur coupable de bloquer la démocratie en action: Ted Stevens, sénateur républicain de l'Alaska. Ted Stevens est fameux pour avoir proposé (et fait accepté) une dépense publique de plus de $200 millions pour la construction d'un pont vers une communauté de moins de 100 personnes. Stevens, directeur de la commission parlementaire sur le commerce, qui légifère sur les questions du commerce électronique, est également connu pour avoir comparé l'Internet à un "gros camion" (anglais, vidéo du Daily Show avec Jon Stewart, émission au format similaire à la Fin du monde est à 7 heures).

Descendre dans la rue est une symbolique puissante mais inefficace. L'information suffit pour exercer une force politique. J'espère bientôt voir une force politique s'agiter sur Internet parmi la population québécoise. On peut bien mieux imposer la responsabilité à nos politiciens en sachant ce qu'ils font et en étant capables de le diffuser.

Si seulement il existait une institution ayant pour fonction de diffuser toute l'information sur la société. Nos médias d'information semblent croire que c'est ce qu'ils font.

Il serait temps qu'ils se rendent compte qu'ils ne font pas un très bon travail.

Ils sont fous ces américains!

 
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