Susceptible d'être un cynique mélange d'idées, de nouvelles sur les travaux intéressants (si j'en trouve) de nos gouvernements et d'élans philosophiques aussi sarcastiques que provocateurs, j'espère que je pourrai déranger notre culture politique, aussi amorphe que le sens de l'humour de Stephen Harper.

vendredi, octobre 27, 2006

Est-ce que nos députés lisent les lois qu'ils votent?

Aussi pathétique que cela puisse paraitre, il est fortement documenté que les membres du congrès américain ne lisent même pas la majorité des lois sur lesquelles ils votent. Souvent les lois sont votées en plein millieu de la nuit (apparament personne n'a fait part à ces idiots à quel point cette pratique est minable) et souvent les lois sont modifiées sans notifications quelques heures avant le vote, la majorité des représentants n'étant même pas au courant de ces changements.

Le Congrès américain est une institution si minable qu'il existe même 2 projets de loi, dont un récent, pour obliger les représentants à lire et comprendre le contenu de ces lois avant de voter. Dans le plus récent exemple, le Congrès a passé la dernière loi budgétaire, engageant $2.7 trillion en dépenses, à 4 heures du matin et alors que le projet de loi, de plusieurs milliers de pages, a été abondamment modifié dans les heures précédant le vote, assurant que la majorité des représentants n'ont aucun moyen de savoir ce sur quoi ils votent.

Oublions ce qui se passe en politique américaine un instant, comme j'ai souvent mentionné la référence en tout ce qui ne devrait jamais se passer dans une démocratie, et considérons la situation ici: est-elle vraiment différente? Difficile à savoir sans une investigation profonde et évidemment on ne peut compter sur nos gouvernements pour nous en faire part. Rien ne démontre que les procédures parlementaires sont fondamentalement différentes des procédures américaines et personne ne peut nous en éclairer, la plupart de ces procédures ont un sceau de confidentialité ou ne sont disponibles que noyées dans des milliers de pages de lois, pour la plupart archaiques.

Considérant les résultats décevants auxquels nos gouvernements nous ont habitués, il y a là un questionnement important. Dans la majorité des cas, remplacer nos gouvernements et députés par une brique et un poulet ne changerait pas grand chose. Nos gouvernements font une fraction de ce qu'une organisation efficace devrait accomplir avec les budgets qu'ils gèrent.

Peut-être alors que l'explication vient du fait que nos députés n'ont pas la moindre idée de ce qu'ils font et préfèrent garder un profil bas. C'est beaucoup plus sécuritaire pour se faire élire, c'est moins forçant et la majorité de la population n'en est même jamais au courant. Pour la plupart des politiciens, ne pas faire de gaffe majeure jettant la rage timide des médias sur leurs échecs est une assurance de réelection. Le taux de remplacement des députés est généralement bas et être inutile n'est pas une cause de destitution viable. Il suffit de mener une bonne campagne marketing et cette inutilité est vite oubliée.

Vous savez ce que vos députés, provincial et fédéral, font? Pas moi. Et pourtant je reçois les fils de presse des deux gouvernements.

Il semble qu'aucun des politiciens n'ont pas la moindre idée de ce qu'ils vont faire une fois élus et sont ensuite trop occupés avec la rhétorique parlementaire et les minables affaires de coulisses pour travailler. Ils passent ensuite la majorité de leurs temps entre des dizaines de comités bureaucratiques qui finissent par recommander de poursuivre les programmes actuels.

J'aimerais bien que quelqun me prouve que j'ai tort. Malheureusement l'information qui démontrerait le contraire est confidentielle et la qualité de l'information disponible sur ce qui se passe dans les bureaux des ministères rend cette tâche impossible.

Et on appelle ça un gouvernement public. Apparamment personne dans nos gouvernements n'a ouvert un dictionnaire. La définition de public: ce qui n'est pas privé. On ne sait même pas ce qui se passe dans nos gouvernements. Pas très publiques comme institutions.

 
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