Susceptible d'être un cynique mélange d'idées, de nouvelles sur les travaux intéressants (si j'en trouve) de nos gouvernements et d'élans philosophiques aussi sarcastiques que provocateurs, j'espère que je pourrai déranger notre culture politique, aussi amorphe que le sens de l'humour de Stephen Harper.

mercredi, octobre 11, 2006

Le futur du Québec et le rôle de la science et de la technologie

Où sera le Québec dans quelques années dépend exclusivement de notre politique nationale face à la science et la technologie. Ceux qui ne voient pas les miracles de la société moderne ne connaissent pas la misère de notre passé. Nos ancètres avaient une espérance de vie d'à peine 40 ans avant le 20e siècle. Les soins de santé étaient à peu près inexistants et le confort possible aux plus miséreux de notre société moderne étaient un luxe réservé aux plus riches.

On ne travaille pas trop. Loin de là. On travaille mal, certes. On travaille en fait moins que jamais dans l'histoire de l'humanité. Vous pensez que la fin de semaine est une vieille tradition? En fait, si. Mais pour la majorité elle n'était aucunement envisageable.

C'est la science et la technologie qui ont exclusivement créé la richesse du monde moderne. Le PIB mondial est aujourd'hui entre 10 et 40 fois plus élevé qu'en 1900, dépendamment du calcul. La différence est entièrement explicable par les industries modernes, qui ont transformé les vieilles en plus d'en créer de centaines d'autres.

Le Québec a la chance de rattraper son retard et dépasser les sociétés qui ont pris de l'avance en science et technologie. Nous avons un système scolaire parfaitement adaptable (mais pas encore adapté) à l'economie de l'information, qui sera exclusivement fondée sur la science, et propice à créer une société d'ingénieurs, de chercheurs et de créateurs.

Malheureusement, le mot d'ordre actuel est vers les métiers techniques. Nos politiciens perpétuent le vieux mot d'ordre selon lequel les québécois sont nés pour un petit pain. Foutaises! Le Québec peut aspirer à dominer la nouvelle économie en se dédiant à son développement, en créant de nouvelles technologies capables de remplacer celles que nous perdons et de profiter des décennies de retombées économiques associées au développement de brevets à forte valeur économique.

Nous voyons toutes nos vieilles industries mourir. Même le bois, la vache sacrée du Québec, est en train de chuter et il n'y a aucune raison pour que la situation change.

Il n'y a aucun avenir pour le Québec dans la manufacture. Il n'y a aucun avenir non plus dans les ressources, sauf les renouvellables. L'énergie hydromécanique, thermique et éolienne seront largement plus bénéfiques que l'épuisement de nos forêts, la production de papier et autres industries polluantes, instables et lourdes en capital. Elles demandent également une grande expertise technique, qui est facile à partager dans l'économie mondiale. L'innovation est la seule stratégie économique capable de soutenir le développement d'une économie moderne.

Dans quelques années, les découvertes de la nanotechnologies crééront de nombreuses industries au potentiel économique largement supérieur aux ressources premières. Le domaine de l'énergie, dont la recherche s'effectue largement par simulations informatisées aujourd'hui, générera des revenus largement supérieurs aux industries énergétiques actuelles et alimentera les industries à haute teneur en énergie. Posséder de grandes ressources électrique a une très grande valeur industrielle. La montée du prix de l'essence donnera une valeur sans précédant à l'énergie naturelle, où le Québec peut facilement dominer le monde.

La connaissance est la ressource la plus facile à exporter et sera le fondement exclusif de la prochaine économie, basée sur la science et la technologie. Elle ignore également les barrières géographiques et est une solution parfaitement adaptée à nos régions saignées par la disparition de nos vieilles industries.

Il est malheureux que nos gouvernements ignorent complètement ces évidences, alors que notre société prend des retards considérables face aux économies plus vigoureuses. Le Québec est aujourd'hui très modeste sur le plan économique. Nos revenus sont dans la basse moyenne de l'OCDE, nos technologies largement arriérées face à plusieurs économies asiatiques et européennes.

Il faut crier haut et fort à nos politiciens: la solution à nos problèmes existe. Elle est même simple et particulièrement inspirante. La politique québécoise est complètement apathique depuis la révolution tranquille et les projets meurent toujours avant même de démarrer.

Aucun avenir industriel ne nous permet, un petit peuple de 7 millions, de rivaliser avec la puissance économique américaine ou chinoise. Sauf un: la science et la technologie. Il n'y aucune limite aux rendements de la technologie. Les rendements anticipés, par la nanotechnologie et la robotique par exemple, sont bien supérieurs à toutes nos vieilles industries et avec ces derniers, une petite économie peut en dominer de biens plus grandes.

Sortez vos livres, concitoyens. Il est temps que le Québec prenne en mains son avenir et brise le statu quo qui dure depuis des décennies. C'est par l'éducation que ça se passe et pour ça il faut que le gouvernement bouge.

Heureusement, c'est facile de faire bouger le gouvernement: il suffit de bouger nous-mêmes.

 
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