Susceptible d'être un cynique mélange d'idées, de nouvelles sur les travaux intéressants (si j'en trouve) de nos gouvernements et d'élans philosophiques aussi sarcastiques que provocateurs, j'espère que je pourrai déranger notre culture politique, aussi amorphe que le sens de l'humour de Stephen Harper.

jeudi, octobre 19, 2006

Habeas Corpus suspendu aux États-Unis

L'Habeas Corpus est une procédure légale dictant l'illégalité des procédures extra-judiciaires poursuivies par un gouvernement. Elle empêche essentiellement à un gouvernement la liberté, prise par la majorité des gouvernements de l'histoire à un moment ou un autre, d'emprisonner ses propres citoyens et les juger selon ses bons désirs, hors des protections de la justice.

Le gouvernement canadien n'a pas le droit de vous enlever, vous détenir et vous imposer une sentence d'emprisonnement ou d'exécution sans avoir recours aux instruments typiques de la loi, qui incluent le droit à un avocat, le droit d'entendre toute la preuve d'accusation et le droit à une remise en cause du jugement.

Cette procédure légale est ancienne aux États-Unis et a été baffouée à quelques reprises, notamment lors de l'emprisonnement des citoyens américains d'origine japonaise (en ironie avec le fait qu'une grande partie de la population américaine est d'origine allemande) pendant la deuxième guerre mondiale.

L'Habeas corups a été suspendue dans le cadre de la "guerre au terrorisme", au moyen d'une loi signée récemment par le président Bush. Elle dicte explicitement que n'importe quel citoyen, de n'importe quel pays, peut être emprisonné et jugé selon le jugement unique, et confidentiel, du gouvernement. Évidemment puisque la "guerre au terrorisme" est essentiellement sans fin et anticipée se poursuivre sur plusieurs décennies, il ne s'agit aucunement d'une loi temporaire.

Cette loi, essentiellement une loi dictatoriale, nous inclut également puisqu'elle bafoue les protections légales liées à l'extradition. On l'a d'ailleurs vu récemment dans le cas de Maher Arar, citoyen canadien extradé en Syrie par le gouvernement américain, où il a été emprisonné et torturé.

Évidemment toute l'affaire sera éventuellement oubliée comme un autre des épisodes où un gouvernement a abusé de ses pouvoirs politiques, immunisé par des institutions politiques dysfonctionnelles.

Mais en attendant la fin de l'épisode, le danger potentiel ne fait que s'accroitre et la combinaison de la stupidité extraordinaire de George W Bush et le mal incarné qui lui sert de vice-président, Dick Cheney, il y a raison de croire que ceci n'aura que des répercussions négatives sur notre société, la communauté internationale et notre économie pour des générations à suivre.

Apparamment Ignatieff aurait qualifié George W Bush d'incompétent. Il est mieux de maintenir ce discours si élu. Il en va de la stabilité de notre pays. Le Canada doit se distancer le plus possible des États-Unis tant que la situation ne se corrigera pas. En attendant il serait bon que notre Harper national se réveille un peu et distance sévèrement les deux gouvernements.

La réalité est de notre côté. Beaucoup d'américains sont encore dans un profond sommeil, mais une majorité comprend bien le danger que représente son gouvernement.

Aucun ennemi extérieur ne sera jamais plus qu'une fraction du danger posé par l'abus de pouvoir politique. Les politiciens font beaucoup plus de dommages à leurs sociétés que les pires criminels lorsqu'ils ne sont pas responsabilisés pour leurs décisions et les conséquences qui en sortent.

Il est vraiment temps d'ouvrir nos gouvernements, savoir tout ce qui s'y passe et arrêter de donner un bénéfice du doute complètement insensé face aux leçons de l'histoire.

 
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