Susceptible d'être un cynique mélange d'idées, de nouvelles sur les travaux intéressants (si j'en trouve) de nos gouvernements et d'élans philosophiques aussi sarcastiques que provocateurs, j'espère que je pourrai déranger notre culture politique, aussi amorphe que le sens de l'humour de Stephen Harper.

jeudi, octobre 19, 2006

Question de climat: Harper vs. la NASA

La question du réchauffement climatique n'a aucun intérêt économique. Elle a des répercussions importantes, mais les intérêts économiques sont largement négligeables. Les conséquences environnementales sont clairement connues et identifiées, leur impact ne fait plus aucun doute sur le plan scientifique. Les conséquences des boulerversements climatiques créeront des dommages économiques d'un ordre supérieur au coût d'une action préventive. $100 millions dépensés aujourd'hui dans des stratégies bien fondées pourrait sauver plusieurs dizaines de milliards sur une période de quelques décennies.

La question des intérêts économiques n'a ainsi aucune importance dans le débat puisqu'il est 100% assuré que les dommages arriveront et il est 100% assuré que les pertes économiques seront largement supérieures aux stratégies préventives. La question économique est ainsi sans importance puique mener une stratégie préventive sera beaucoup moins coûteux à long terme que les bouleversements qui se produiront autrement.

Un vaste projet serait même l'occasion parfaite pour relancer nos industries en péril. Développer les technologies de production, d'utilisation efficace et de gestion de l'énergie est une industrie importante qui pourrait avoir des répercussions commerciales majeures. Moins cher et des industries naissantes. La question économique ne pose aucune objection: il est beaucoup plus avantageux d'agir que de laisser aller. Pas difficile de faire un choix dans ces conditions.

Le débat repose ainsi essentiellement sur une question purement scientifique: quelle est la période d'adaptation raisonnable? En d'autres mots, combien de temps avons-nous avant qu'ignorer le problème nous coûte plus cher que le régler?

Selon la NASA et l'Académie Nationale des Sciences américaine? 10 ans.

"Une autre décennie des niveaux actuels (business as usual) d'émissions de carbone et il sera probablement trop tard pour prévenir les écosystèmes du nord de déclencher un changement incontrôlable au climat."
- National Academy of Sciences

Pour les 300 plus gros pollueurs du pays, la question économique du changement climatique ne fait aucun doute: trop cher. Pour tout le reste de la population, environ 32,000,000 de citoyens, la question économique au changement climatique ne fait aucun doute: beaucoup trop cher. La seule différence entre les deux groupes est la période sur laquelle porte cet avis. Pour les dirigeants de ces entreprises, il est naturel de penser au rendement sur une courte période. Pour le reste d'entre nous, cependant, c'est sur une période plus longue que notre propre vie que nous évaluons la question.

Sur une période de temps suffisamment longue, l'avantage porte fortement sur l'action, avantage qui s'accroit avec le temps.

Ignorer le problème, qui est la voie que le gouvernement fédéral a choisie, imposera à la société canadienne des coûts astronomiquement plus élevés que les problèmes déchargés sur les pires pollueurs industriels.

Essentiellement, Harper se positionne contre la NASA et l'Académie nationale des sciences américaine. Harper, comptable de formation, se considère mieux placé que les chercheurs de la NASA et de la plus importante association de chercheurs au monde pour évaluer une question de nature purement scientifique.

Alors, question de climat: en qui avez-vous davantage confiance pour juger la situation du changement climatique, la NASA, ou Stephen Harper?

Poser la question c'est y répondre.

 
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