Susceptible d'être un cynique mélange d'idées, de nouvelles sur les travaux intéressants (si j'en trouve) de nos gouvernements et d'élans philosophiques aussi sarcastiques que provocateurs, j'espère que je pourrai déranger notre culture politique, aussi amorphe que le sens de l'humour de Stephen Harper.

lundi, octobre 30, 2006

Oaxaca: perspective sur le terrain

Vous avez certainement lu aux nouvelles la situation à Oaxaca, au Mexique, où des grèves paralysent la ville depuis des mois en réponse aux actions du gouverneur de la province.

Le bédéiste américain Tom Tomorrow, nom de plume, a un message intéressant provenant d'un de ses amis qui est présentement dans la ville. Le blogue de TT est un de mes arrêts quotidiens pour tâter le pouls de la politique américaines et ses bédés hebdomadaires sont directes et toujours très intéressantes.

Tom Tomorrow — Oaxaca

dimanche, octobre 29, 2006

Le gouvernement britannique met un prix sur le réchauffement planétaire: $7.8 trillion

Il semble que le gros bon sens soit parfois aussi efficace que la science la plus stricte. J'ai mentionné dans un message précédent le fait que la question économique du changement climatique est sans importance puisqu'il est 100% certain que ne rien faire sera plus coûteux que même les mesures les plus strictes.

Le Guardian, journal britannique, écrit que le gouvernement britannique a mandaté une recherche au nom du ministère des finances sur le coût global du réchauffement planétaire. La facture estimée: $7.8 trillion CAN. Le rapport, qui sera publié demain, recommande que la planète dépense 1% du PIB mondial, soit environ $390 milliards CAN, annuellement. Si les chiffres sont assez près de la réalité, confirmant ce que j'ai précédemment écrit, dépenser $1 dollar en sauverait $20. C'est ce que j'appelle une bonne politique.

Malheureusement le gouvernement Harper semble aussi utile sur le sujet qu'une brique sur le bord du chemin.

Les gouvernements Harper et Bush sont parmi les seuls sur la planète à rejetter Kyoto, qui est un petit début comparativement à tout ce qui devra être fait. Ils ont tous deux la même rhétorique ridicule: trop cher. Cette rhétorique est ridicule parce qu'elle va à l'encontre de toute la connaissance scientifique cumulée à ce jour. Je me permets même de reposer la question: qui croyez-vous être les plus crédibles sur la question du réchauffement climatique, la NASA, ou Bush et Harper?

Le Canada représente environ (très grossier calcul) 1/40 de l'économie mondiale. Ceci représente une facture d'environ $195 milliards CAN. Alors nous pouvons donc dépenser $194 milliards pour lutter contre le réchauffement planétaire, garder le dernier milliard pour célébrer et nous serions encore financièrement positifs.

Combien le gouvernement Harper prévoit dépenser pour les 10 prochaines années? Je ne me souviens pas avoir vu de chiffres précis. Normal, puisque la plupart des initiatives sont volontaires et n'abordent même pas les plus gros pollueurs industriels, qui polluent plus que toutes les autos, camions et avions voyageant sur le sol canadien.

Il serait bien intéressant que l'engagement du gouvernement québécois dépasse la rhétorique et passe au niveau de l'action. Avec une augmentation constante du niveau de pollution depuis 1990, la parole se révèle très creuse quand on évalue les résultats.

samedi, octobre 28, 2006

Israel aurait utilisé des armes nucléaires au Liban?

Robert Fisk, l'un des rares journalistes de qualité méritant une réputation internationale, écrit dans l'Independent, journal britannique, que des études de sol au Liban révèlent qu'en plus d'avoir fait usage d'armes chimiques (bombes au phosphore) et de bombes à fragmentation (qui laissent des fragments explosifs tuant souvent des enfants qui les trouvent plus tard), Israel aurait possiblement fait usage d'uranium enrichi dans certaines munitions lors de l'invasion au Liban.

Cette révélation serait étrange puisque l'uranium appauvri est utilisé dans les munitions pour sa dureté, non pas pour sa radioactivité. L'uranium enrichi n'est d'aucun usage connu en deça des propriétés mécaniques de l'uranium, capable de percer les tanks et bunkers. Néanmoins l'évidence pointe présentement sur l'utilisation d'uranium enrichi sur certains sites, suivant l'identification de traces ne pouvant être causées que par l'usage d'uranium.

Le plus cavalier dans tout ça est qu'Israel n'a pas signé le traité international sur les armes, comme les États-Unis, et n'est donc pas soumis aux restrictions sur les armes chimiques et les bombes à fragmentation. Et puisque les munitions à l'uranium sont plus récentes que les traités sur les armes dangereuses à long terme, elles ne sont pas couvertes par les traités et usées abondamment par les armées du monde pour se débarrasser de leurs stocks de déchets radioactifs.

Si vous voyez la tendance ici, on constate effectivement que les pays industrialisés rejettent leurs déchets radioactifs sur les pays pauvres qu'ils envahissent. Heureusement, ils leur font des prêts usuriers à travers la Banque Mondiale pour leur permettre de reconstruire après coup.

Israel possède également la bombe nucléaire mais la communauté international ignore ce fait bien connu. Malgré que ce fait soit connu, le gouvernement israélien dément l'information et une hypothèse est que l'usage de ces munitions pourrait être une expérience pour se débarasser des encombrantes preuves du programme nucléaire israélien, illégal bien sur selon tous les standards de la loi internationale.

Évidemment comme il n'y a ni police ni cour criminelle des gouvernements, la loi internationale n'est qu'une entente anarchique et sa mise en application est entièrement dépendante des décisions individuelles de gouvernements.

Les américains et les britanniques ont utilisé des milliers de tonnes d'uranium appauvri en Irak, dans les deux guerres, avec pour conséquence une épidémie de cancers dans le sud du pays.

Quand la police viole la loi, il n'y a évidemment personne pour agir.

Où s'en va Google?

Ou comme dirait George W Bush: The Google.



Blagues à part, un blog américain aurait mis la main sur des documents internes de Google dans lesquels figurent leur plan d'affaires pour les prochaines quelques années. En gros on y trouve:
  • Créer un des meilleurs laboratoires de recherche en intelligence artificielle
  • Éliminer le spam dans les 20 langages les plus couramment utilisés
  • Accroitre les communautés, particulièrement autour de Google Video/Youtube
  • Obtenir des références géographiques et temporelles des pages indexées par l'engin de recherche et offrir une visualisation des résultats sur des mappes en ligne de temps (i.e. ordonnées par géographie et contextualisée selon leur référence temporelle).
Il y a d'autres objectifs et mentions intéressantes alors pour en savoir plus, référez-vous à l'original: Google Blogoscoped — Google’s Internal Company Goals

vendredi, octobre 27, 2006

Le Canada 18e au monde pour la liberté de presse: tout juste devant la Bosnie

Loin devant l'Angleterre (28) et la France (37) et très loin devant les États-Unis (53), le Canada est classé au 18e rang mondial pour la liberté de presse par Reporters sans frontières. Plusieurs des pays qui devancent le Canada ne connaissaient pas la démocratie il y a à peine quelques années, étant sous l'influence du bloc soviétique (Estonie, Slovaquie, Latvie et Slovénie).

Le Japon et les États-Unis ont tous deux vu leur liberté de presse respective se dégrader fortement sous l'influence de groupes et personalités d'extrême-droite. Aux États-Unis, les appels mi-sincères (surtout du sensationnalisme, mais malheureusement il s'en trouve des millions pour les prendre au sérieux) de meurtre de groupes entiers de la population sont des opinions quotidiennes, véhiculées par les portes-étandards de la droite conservatrice: Ann Coulter, Rush Limbaugh, Michelle Malkin, Bill O'Reilly et plusieurs autres commentateurs ayant chacun des millions de lecteurs ou audience.

Au Canada nous souffrons plus particulièrement des problèmes classiques des médias d'information: manque de contexte et de profondeur, déficit d'attention et platitudes. Rien de trop terrible et une censure relativement limitée.

Le 18e rang place quand même le Canada dans le top 10% au monde, mais il faut remarquer que pour plus de 50% des pays, la liberté de presse n'existe tout simplement pas et la liberté d'expression n'est permise que si elle est exercée en privé.

On peut au moins compter sur les médias pour pencher en faveur de la décence et de supporter certaines causes face auxquelles la population s'oppose au gouvernement. Mais la sincérité ne comblera jamais le manque de contexte et de profondeur qui fait en sorte que la majorité du temps, les citoyens n'ont tout simplement pas l'information requise pour exercer leurs responsabilités politiques.

Ici, comme ailleurs, il y a un mur entre les citoyens et le gouvernement. Ce mur est généralement aussi haut que les médias d'information sont capables de percer le brouillard de confidentialité sur tout ce que nos gouvernements font vraiment.

Les choses n'empirent pas, mais n'améliorent pas particulièrement. Je me rappelle cet été avoir eu vent que Radio-Canada prévoyait augmenter la qualité de l'information et de l'actualité.

J'attends encore ces changements. En attendant, Star Académie et Loft Story demeurent de l'actualité pour bien des citoyens.

Y a pas que le gouvernement et les médias à blâmer là-dedans, ils ne nous donnent que ce sur quoi on insiste. Beaucoup de citoyens font tout un plat pour sauver quelques dollars à gauche et à droite. Ca serait bien un jour que ce zèle se dirige vers nos gouvernements.

Payer pour une ferrari et rouler en Tercel, c'est nos gouvernements.

Est-ce que nos députés lisent les lois qu'ils votent?

Aussi pathétique que cela puisse paraitre, il est fortement documenté que les membres du congrès américain ne lisent même pas la majorité des lois sur lesquelles ils votent. Souvent les lois sont votées en plein millieu de la nuit (apparament personne n'a fait part à ces idiots à quel point cette pratique est minable) et souvent les lois sont modifiées sans notifications quelques heures avant le vote, la majorité des représentants n'étant même pas au courant de ces changements.

Le Congrès américain est une institution si minable qu'il existe même 2 projets de loi, dont un récent, pour obliger les représentants à lire et comprendre le contenu de ces lois avant de voter. Dans le plus récent exemple, le Congrès a passé la dernière loi budgétaire, engageant $2.7 trillion en dépenses, à 4 heures du matin et alors que le projet de loi, de plusieurs milliers de pages, a été abondamment modifié dans les heures précédant le vote, assurant que la majorité des représentants n'ont aucun moyen de savoir ce sur quoi ils votent.

Oublions ce qui se passe en politique américaine un instant, comme j'ai souvent mentionné la référence en tout ce qui ne devrait jamais se passer dans une démocratie, et considérons la situation ici: est-elle vraiment différente? Difficile à savoir sans une investigation profonde et évidemment on ne peut compter sur nos gouvernements pour nous en faire part. Rien ne démontre que les procédures parlementaires sont fondamentalement différentes des procédures américaines et personne ne peut nous en éclairer, la plupart de ces procédures ont un sceau de confidentialité ou ne sont disponibles que noyées dans des milliers de pages de lois, pour la plupart archaiques.

Considérant les résultats décevants auxquels nos gouvernements nous ont habitués, il y a là un questionnement important. Dans la majorité des cas, remplacer nos gouvernements et députés par une brique et un poulet ne changerait pas grand chose. Nos gouvernements font une fraction de ce qu'une organisation efficace devrait accomplir avec les budgets qu'ils gèrent.

Peut-être alors que l'explication vient du fait que nos députés n'ont pas la moindre idée de ce qu'ils font et préfèrent garder un profil bas. C'est beaucoup plus sécuritaire pour se faire élire, c'est moins forçant et la majorité de la population n'en est même jamais au courant. Pour la plupart des politiciens, ne pas faire de gaffe majeure jettant la rage timide des médias sur leurs échecs est une assurance de réelection. Le taux de remplacement des députés est généralement bas et être inutile n'est pas une cause de destitution viable. Il suffit de mener une bonne campagne marketing et cette inutilité est vite oubliée.

Vous savez ce que vos députés, provincial et fédéral, font? Pas moi. Et pourtant je reçois les fils de presse des deux gouvernements.

Il semble qu'aucun des politiciens n'ont pas la moindre idée de ce qu'ils vont faire une fois élus et sont ensuite trop occupés avec la rhétorique parlementaire et les minables affaires de coulisses pour travailler. Ils passent ensuite la majorité de leurs temps entre des dizaines de comités bureaucratiques qui finissent par recommander de poursuivre les programmes actuels.

J'aimerais bien que quelqun me prouve que j'ai tort. Malheureusement l'information qui démontrerait le contraire est confidentielle et la qualité de l'information disponible sur ce qui se passe dans les bureaux des ministères rend cette tâche impossible.

Et on appelle ça un gouvernement public. Apparamment personne dans nos gouvernements n'a ouvert un dictionnaire. La définition de public: ce qui n'est pas privé. On ne sait même pas ce qui se passe dans nos gouvernements. Pas très publiques comme institutions.

mardi, octobre 24, 2006

51% des américains sont en faveur de destituer Bush

Fidèle aux habitudes des médias américains, cette nouvelle majeure a été cachée dans la deuxième page d'un article portant sur la perte du support de la base républicaine. La nouvelle que plus de la moitié du pays est en faveur de destituer le président devrait être majeure, mais dans le système à parti unique qu'est devenu la république américaine, c'est un inconvénient mineur.

Mais encore, le taux d'approbation du gouvernement Charest a longtemps cotoyé le niveau actuel du président Bush. Ce n'est rien de nouveau que les citoyens des démocraties industrielles voient en leurs politiciens une bande d'attardés qui ne font absolument rien de ce à quoi la population s'attend de leur gouvernement. Ca fait à peine quelques décennies que la confiance infime dans la configuration actuelle de nos systèmes politiques est bien connue en "science" politique.

Le mépris pour la démocratie est présent chez les politiciens au Québec également. C'est difficile d'être responsable de ses décisions et la plupart préfèrent profiter du pouvoir sans en assumer les conséquences. Peu de politiciens le déclarent aussi fermement que Stéphane Gendron, dans ses élans fascistes à l'émission de Paul Arcand. J'ai eu le malheur d'entendre la semaine dernière son pénible mépris envers la démocratie, qui ressemblait à ceci: "les citoyens n'ont aucun mot à dire en dehors des élections".

Alors après les élections, où vous avez le choix entre 3 candidats presque similaires, pas foutus de prendre position sur quoique ce soit et donc donner indication du travail qu'ils veulent accomplir et qui ne sont même pas tenus de faire ce qu'ils disent vouloir faire, fermez-la et laissez les amateurs élus faire leur travail.

Pas important que vous n'ayez même pas accès aux comptes rendus de leurs travails et encore moins les justifications de leurs décisions. Impossible de juger le travail du gouvernement sans savoir ce qu'il fait.

La démocratie, on y croit ou on n'y croit pas. La plupart des québécois y croient fermement et aimeraient voir la démocratie québécoise dépasser son stade primitif actuel.

Pas que les politiciens s'y intéressent particulièrement. Laver, rincer, répéter.

vendredi, octobre 20, 2006

Gouvernement brisé

Je parle souvent des politiques américaines pour deux raisons: elles nous influencent fortement et sont un exemple de tout ce qu'un système démocratique ne devrait jamais être. Comme tout ce qui se passe aux États-Unis, les scandales et la corruption sont plus grands que partout ailleurs. Nos gouvernements sont aussi coupables de magouilleries et autres stupidités, elles n'ont toutefois pas le coup de théatre des scandales américains.

La corruption aux États-Unis, comme au Japon et les autres grandes économies, prend une dimension beaucoup plus large que dans une société de taille moyenne comme le Canada, ou une société de petite taille comme le Québec. Cette échelle permet de voir plus facilement les dynamiques des failles des systèmes politiques en démontrant comment un gouvernement ne devrait pas gouverner.

Le système politique américain, comme tous les systèmes à travers le monde, dont les nôtres, est brisé. La légitimité des gouvernements est très basse dans presque toutes les démocraties industrielles et la satisfaction des citoyens encore plus basse. Dans tous les pays, les citoyens voient leurs politiciens ignorer les enjeux qui les intéressent et gaspiller leurs ressources sur des futilités. Les taux de vote sont en baisse constante et l'appui sincère chez ceux qui votent généralement absent.

Les récents échecs de l'administration Cheney, car il faut donner crédit à celui qui dirige vraiment le gouvernement, et du Congrès républicain sont un exemple tellement clair de tout ce qui doit disparaitre de la politique: corruption, abus de pouvoir, mensonges, népotisme et une obsession pour les politicailleries sans la moindre importance pour les citoyens.

CNN, chien généralement obéissant aux politiques conservatrices des gouvernements au pouvoir, présente toute la semaine prochaine un spécial intitulé «Broken government», présentée par Jack Cafferty, un des rares journalistes respectables des grands réseaux américains.

Cet aspect de la société américaine ne transparait pas dans nos médias, pas plus qu'il ne transparait dans les médias américains. Malgré des taux d'approbation très bas les médias américains ont mis longtemps avant de critiquer les politiques du gouvernement.

La seule raison qui empêche les manifestations de mécontentement qu'ont connues les années 60 et 70 est que les citoyens sont surchargés de problèmes. Les dettes personnelles sont de plusieurs centaines de milliers pour la majorité des familles et comme l'économie canadienne, l'économie américaine stagne depuis plus de 35 ans.

La prochaine élection pourrait être un point tournant. Les républicains tenteront sans aucun doute de corrompre les élections, comme ils ont fait pour les trois dernières (j'inclus ici les élections de mi-mandat). Il est cependant douteux qu'une victoire démocrate change quoique ce soit à la situation.

Le spécial "Broken government" joue toute la semaine prochaine et révèle déjà, par les courriels présentés en direct dans l'émission, une mécontentement sévère envers les deux partis politiques, qui sont jugés complètement incompétents et indignes de leurs pouvoirs.

Il y a dans ce spécial beaucoup des leçons que nous devons comprendre sur le mauvais fonctionnement de nos gouvernement.

jeudi, octobre 19, 2006

Question de climat: Harper vs. la NASA

La question du réchauffement climatique n'a aucun intérêt économique. Elle a des répercussions importantes, mais les intérêts économiques sont largement négligeables. Les conséquences environnementales sont clairement connues et identifiées, leur impact ne fait plus aucun doute sur le plan scientifique. Les conséquences des boulerversements climatiques créeront des dommages économiques d'un ordre supérieur au coût d'une action préventive. $100 millions dépensés aujourd'hui dans des stratégies bien fondées pourrait sauver plusieurs dizaines de milliards sur une période de quelques décennies.

La question des intérêts économiques n'a ainsi aucune importance dans le débat puisqu'il est 100% assuré que les dommages arriveront et il est 100% assuré que les pertes économiques seront largement supérieures aux stratégies préventives. La question économique est ainsi sans importance puique mener une stratégie préventive sera beaucoup moins coûteux à long terme que les bouleversements qui se produiront autrement.

Un vaste projet serait même l'occasion parfaite pour relancer nos industries en péril. Développer les technologies de production, d'utilisation efficace et de gestion de l'énergie est une industrie importante qui pourrait avoir des répercussions commerciales majeures. Moins cher et des industries naissantes. La question économique ne pose aucune objection: il est beaucoup plus avantageux d'agir que de laisser aller. Pas difficile de faire un choix dans ces conditions.

Le débat repose ainsi essentiellement sur une question purement scientifique: quelle est la période d'adaptation raisonnable? En d'autres mots, combien de temps avons-nous avant qu'ignorer le problème nous coûte plus cher que le régler?

Selon la NASA et l'Académie Nationale des Sciences américaine? 10 ans.

"Une autre décennie des niveaux actuels (business as usual) d'émissions de carbone et il sera probablement trop tard pour prévenir les écosystèmes du nord de déclencher un changement incontrôlable au climat."
- National Academy of Sciences

Pour les 300 plus gros pollueurs du pays, la question économique du changement climatique ne fait aucun doute: trop cher. Pour tout le reste de la population, environ 32,000,000 de citoyens, la question économique au changement climatique ne fait aucun doute: beaucoup trop cher. La seule différence entre les deux groupes est la période sur laquelle porte cet avis. Pour les dirigeants de ces entreprises, il est naturel de penser au rendement sur une courte période. Pour le reste d'entre nous, cependant, c'est sur une période plus longue que notre propre vie que nous évaluons la question.

Sur une période de temps suffisamment longue, l'avantage porte fortement sur l'action, avantage qui s'accroit avec le temps.

Ignorer le problème, qui est la voie que le gouvernement fédéral a choisie, imposera à la société canadienne des coûts astronomiquement plus élevés que les problèmes déchargés sur les pires pollueurs industriels.

Essentiellement, Harper se positionne contre la NASA et l'Académie nationale des sciences américaine. Harper, comptable de formation, se considère mieux placé que les chercheurs de la NASA et de la plus importante association de chercheurs au monde pour évaluer une question de nature purement scientifique.

Alors, question de climat: en qui avez-vous davantage confiance pour juger la situation du changement climatique, la NASA, ou Stephen Harper?

Poser la question c'est y répondre.

Habeas Corpus suspendu aux États-Unis

L'Habeas Corpus est une procédure légale dictant l'illégalité des procédures extra-judiciaires poursuivies par un gouvernement. Elle empêche essentiellement à un gouvernement la liberté, prise par la majorité des gouvernements de l'histoire à un moment ou un autre, d'emprisonner ses propres citoyens et les juger selon ses bons désirs, hors des protections de la justice.

Le gouvernement canadien n'a pas le droit de vous enlever, vous détenir et vous imposer une sentence d'emprisonnement ou d'exécution sans avoir recours aux instruments typiques de la loi, qui incluent le droit à un avocat, le droit d'entendre toute la preuve d'accusation et le droit à une remise en cause du jugement.

Cette procédure légale est ancienne aux États-Unis et a été baffouée à quelques reprises, notamment lors de l'emprisonnement des citoyens américains d'origine japonaise (en ironie avec le fait qu'une grande partie de la population américaine est d'origine allemande) pendant la deuxième guerre mondiale.

L'Habeas corups a été suspendue dans le cadre de la "guerre au terrorisme", au moyen d'une loi signée récemment par le président Bush. Elle dicte explicitement que n'importe quel citoyen, de n'importe quel pays, peut être emprisonné et jugé selon le jugement unique, et confidentiel, du gouvernement. Évidemment puisque la "guerre au terrorisme" est essentiellement sans fin et anticipée se poursuivre sur plusieurs décennies, il ne s'agit aucunement d'une loi temporaire.

Cette loi, essentiellement une loi dictatoriale, nous inclut également puisqu'elle bafoue les protections légales liées à l'extradition. On l'a d'ailleurs vu récemment dans le cas de Maher Arar, citoyen canadien extradé en Syrie par le gouvernement américain, où il a été emprisonné et torturé.

Évidemment toute l'affaire sera éventuellement oubliée comme un autre des épisodes où un gouvernement a abusé de ses pouvoirs politiques, immunisé par des institutions politiques dysfonctionnelles.

Mais en attendant la fin de l'épisode, le danger potentiel ne fait que s'accroitre et la combinaison de la stupidité extraordinaire de George W Bush et le mal incarné qui lui sert de vice-président, Dick Cheney, il y a raison de croire que ceci n'aura que des répercussions négatives sur notre société, la communauté internationale et notre économie pour des générations à suivre.

Apparamment Ignatieff aurait qualifié George W Bush d'incompétent. Il est mieux de maintenir ce discours si élu. Il en va de la stabilité de notre pays. Le Canada doit se distancer le plus possible des États-Unis tant que la situation ne se corrigera pas. En attendant il serait bon que notre Harper national se réveille un peu et distance sévèrement les deux gouvernements.

La réalité est de notre côté. Beaucoup d'américains sont encore dans un profond sommeil, mais une majorité comprend bien le danger que représente son gouvernement.

Aucun ennemi extérieur ne sera jamais plus qu'une fraction du danger posé par l'abus de pouvoir politique. Les politiciens font beaucoup plus de dommages à leurs sociétés que les pires criminels lorsqu'ils ne sont pas responsabilisés pour leurs décisions et les conséquences qui en sortent.

Il est vraiment temps d'ouvrir nos gouvernements, savoir tout ce qui s'y passe et arrêter de donner un bénéfice du doute complètement insensé face aux leçons de l'histoire.

Espace, U.S.A.

Le 31 août, le président américain a signé une nouvelle loi affirmant le droit unilatéral des États-Unis d'intervenir comme bon leur semble contre tout usage hostile aux intérêts américains.

En résumé, l'espace est la propriété exclusive des États-Unis, tout ce qu'on y fait doit avoir leur approbation. Le gouvernement américain a d'ailleurs récemment été le seul pays à opposer la militarisation de l'espace dans un vote à l'ONU (160-1).

En plus d'être stupide sur le plan scientifique, c'est particulièrement arrogant en considération de l'échec lamentable des politiques unilatérales américaines dans les dernières décennies, particulièrement l'histoire récente de la guerre en Irak.

Avant de prendre propriété de quoi que ce soit, un individu ou organisation devrait au moins démontrer la capacité d'en faire une utilisation intelligente. Cette capacité a rarement été démontrée au gouvernement américain dans les dernières années. Les programmes spaciaux nationaux sont un triste aspect de l'humanité moderne, qui n'accomplira jamais grand chose sur le plan stellaire sans une collaboration internationale massive.

Times Online — America wants it all - life, the Universe and everything

mercredi, octobre 18, 2006

On ne travaille pas assez? Non, on travaille mal

Beaucoup d'encre et de salive coulent suivant les mots de Lucien Bouchard, déclarant qu'au Québec on ne travaille pas assez. La réponse est particulièrement intéressante puisque la question elle-même n'a que peu d'importance. Qu'on travaille beaucoup ou peu n'a qu'une incidence marginale sur la productivité individuelle. Qu'on travaille mal, par contre, a une incidence majeure.

Tous les économistes connaissent la courbe des rendements marginaux décroissants, mais peu sont enclins à l'appliquer sur le travail individuel. Pourtant la baisse de performance en fonction des heures travaillées est marquante. Il est déjà bien reconnu que la fatigue a un effet au moins aussi sévère sur le jugement que l'alcool et les conditions du monde du travail moderne ne se prêtent plus du tout au vieux calcul de la capacité du travail selon l'effort physique.

Un individu peut travailler physiquement avec intensité pendant de longues heures, chaque jour, pendant toute sa vie. C'est ce qu'ont fait la grande majorité de nos ancêtres. Le dur travail physique, souvent toute la journée, pendant toute une vie, est le sort réservé à la plupart des humains qui nous ont précédé. L'humain est capable de courir pendant toute une journée et recommencer le lendemain sans difficulté.

Bien sur cela exige une grande forme physique, et c'est justement ce que le travail physique apporte. L'exercice accroit la force, la résistance et l'endurance des muscles avec une certitude uniquement contredite dans le cas de maladies, troubles génétiques, carences ou infections. L'habileté mentale croit également avec l'exercice, mais l'endurance est limitée dans toutes les conditions. Travailler mentalement au-delà d'un certain nombre d'heures devient une perte de temps rapidement. Il est largement préférable de travailler bien, efficacement, ergonomiquement et avec tous les outils pouvant aider.

La plus importante habilité humaine fut de donner au travail de chaque individu plus de pouvoir. Dans certaines industries, les travailleurs ont des outils leur permettant de faire le travail de plusieurs centaines. L'ardeur du travail a très peu à voir dans le contexte économique moderne. C'est l'efficacité de chaque individu, qui est loin d'être optimale dans une situation de stress, qui est cruciale et apporte des ordres de différences, plutôt que des additions marginales. Et tout le monde est déjà assez stressé comme ça.

Le passage à une économie hautement technologique ne semble pas intéresser grand monde pour le moment, mais c'est notre futur. Les vieilles industries québécoises ne nous donneront pas les moyens économiques de vivre au 21e siècle. C'est dans la haute technologie, où le travail de chaque individu créé davantage de richesse que le travail de centaines dans les vieilles industries, que nous avons la solution à notre stagnation économique. Les marchés à très haute teneur en science et technologie sont encore rares et prendre une position dominante assurerait un avantage majeur sur plusieurs générations.

Qu'il s'agisse de développer de nouveaux matériaux, de nouvelles sources d'énergie ou de production manufacturière, il y aura toujours un marché pour l'accroissement de la productivité, de l'efficacité et de l'efficience. C'est un marché sûr et un futur beaucoup plus stable et porteur que nos industries actuelles. L'innovation trouvera toujours des acheteurs.

Avec des systèmes avancés d'informatique et de télécommunication, le problème des régions serait du même coup réglé. La recherche n'a besoin que d'information et d'équipement, qui ne nécessitent aucunement la densité urbaine des métropoles. Les régions bénéficieraient grandement de la haute technologie, souvent entièrement commercialisée en information et ignorant les barrières géographiques.

Travailler plus? Inutile. Travailler mieux est beaucoup plus avantageux.

vendredi, octobre 13, 2006

Hors de ta ligue et autres foutaises sur l'"expertise"

J'ai bien apprécié ce texte de Scott Adams, créateur de Dilbert, sur l'expertise personnelle. Combien de fois dans notre vie entend-on la fameuse phrase "hors de ta ligue"? Combien de fois essaie-t-on quelque chose de nouveau pour se faire rabrouer que c'est hors de notre capacité?

C'est souvent typique en politique, en affaires et dans plusieurs domaines où la ligne entre expert et amateur est très mince. Il y a certains domaines dans lesquels les citoyens ordinaires sont supposément trop idiots, trop simplets pour se mêler avec les "grands". C'est particulièrement ironique en politique. Nos politiciens sont en réalité aussi abilités à diriger notre société qu'ils le sont pour réparer un moteur diesel. Les apparences sont critiques dans cette illusion que le petit peuple est né pour être dirigé.

Pour beaucoup il y a simplement des leaders et des moutons et la majorité d'entre nous sont dans le deuxième catégorie. Il y en a qui sont nés pour un petit pain et ceux qui ont droit au gâteau étaient simplement nés pour y réussir. Nos politiciens sont essentiellement vendus à cette distortion de la réalité. Au Québec, le gouvernement prend toujours pour acquis que nous sommes un peuple né pour un petit pain. L'insistence en éducation sur les métiers techniques, la stagnation de l'industrie nationale et le manque de projets politiques le démontre pleinement.

Évidemment, tout ça n'est que de la foutaise. Il n'y a strictement rien qui soit hors de portée du citoyen ordinaire. La ligne entre l'expert et l'amateur n'est généralement tracée que par la pratique ou quelques expériences personnelles (voyez le livre "Trust us, we're experts" sur le sujet, excellent ouvrage). En s'y mettant, tout individu peut devenir un ingénieur talentueux ou un gestionnaire hors pair. Cette réalité individuelle s'étend à l'ensemble de la société et le Québec peut facilement dominer le monde sur le plan industriel, technologique et scientifique si les efforts y sont investis dans un projet politique cohérent.

N'importe quel citoyen peut devenir un expert de la mémorisation ou de toute connaissance pratique. Nous avons tous des limites physiques, mais les limites mentales sont très larges. La science a largement prouvé que le potentiel des capacités mentales est largement identique chez chacun et dépend de l'entrainement mental que l'on impose à notre esprit. Comme les muscles, le cerveau a besoin d'entrainement pour bien fonctionner.

Malgré les apparences, il n'y a qu'une infime différence entre le citoyen ordinaire et les "grands" de ce monde. Les politiciens qui ont marqué l'histoire, les chercheurs qui ont accidentellement fait une découverte et tous ceux qui se sont retrouvés à la bonne place au bon moment n'ont qu'un avantage minime face aux autres. Cet avantage se limite généralement à justement se trouver à la bonne place au bon moment ou à connaitre les bonnes personnes.

Dans son texte, Adams mentionne qu'il a excellé dans tout ce qu'il a essayé où il s'était fait dire être "hors de sa ligue". Et pour ne pas paraitre trop prétentieux de ses succès, il mentionne que pour chaque succès, qui ont été nombreux dans son cas, il y a au moins une dizaine d'échecs. Ces échecs se sont plus souvent retrouvés dans les domaines où il était "qualifié" et rarement dans ceux où il s'est fait prévenir de ne pas insister.

Le texte est en anglais mais fort recommandé. The Dilbert blog - In Over My Head.

jeudi, octobre 12, 2006

Baisse du revenu réel au Canada entre 1995 et 2004 et accroissement de la disparité des revenus

Le revenu réel a baissé au Canada depuis 1995, l'augmentation du revenu des ménages étant inférieure à l'inflation. Le salaire médian en 1995, en dollars constants de 2004, était de $49,500 contre $55,900 en 2004, une augmentation de %11.29. Pendant la même période, l'inflation a été de 19.54%.

Une comparaison du revenu moyen et médian démontre une disparité accrue de la distribution des richesses dans la société canadienne. Le revenu moyen a augmenté de 15.86%, plus de 4% de plus que le revenu médian. Le PIB progresse mais la plupart des foyers ne bénéficient pas.

Le revenu réel canadien a ainsi diminué de 8% depuis 1995. Accrochée à l'économie américaine, l'économie canadienne voit la même diminution du salaire réel depuis 35 ans qu'on y observe également.

Le tableau de données, dont les statistiques proviennent du tableau Revenu médian du marché selon certains types de famille de Statistiques Canada et les statistiques sur l'inflation de la Banque du Canada.

Le Québec doit mener des projets politiques majeurs pour changer la vieille industrie québécoise, basée sur l'extraction des ressources naturelles et la manufacture, et développer les industries du futur: nanotechnologie, technologies de l'information, robotique et biotechnologie.

Les données, difficiles à trouver malgré les beaux discours des gouvernements sur le gouvernement en ligne, sont reproduites ci-dessous (cliquez pour aggrandir):

Tableau historique des revenus canadiens face à l'inflation 1995-2004
Graphique sur la progression du revenu canadien face à l'inflation 2000-2004
Graphique sur la progression du revenu canadien face à l'inflation 1995-2004

En poursuivant la tendance jusqu'en 1980, on voit que le revenu de 2004 est à peine plus elevé qu'en 1980. Les chiffres n'utilisent pas la même méthodologie et diffèrent des chiffres précédents mais donnent la même figure générale.

Graphique sur la progression du revenu canadien 1980-2004

Bell payera moins d'impôts: changement de structure corporative

Ca serait l'fun une case à cocher sur le formulaire d'impôts qui réduirait dramatiquement le taux d'imposition.

Imaginez, cochez cette case, qui ne change pas grand chose dans les faits, et tout d'un coup votre taux d'imposition tombe de moitié.

C'est ce que Bell a fait hier. Bell n'est plus une corporation mais une fiducie de revenus.

Pourquoi? Une fiducie paye moins d'impôts. Est-ce que Bell change vraiment quoique ce soit à ses activités? Pas vraiment. C'est un changement de forme qui se change en beaucoup d'argent sauvé. Ce sont les actionnaires de Bell qui payeront ces impôts à sa place. Heureusement, le gouvernement possède une partie importante de l'entreprise.

Le gouvernement ne se paye pas d'impôts. Ou peut-être. Ca ne m'étonnerait même pas qu'il y ait un bureau de 100 personnes en quelque part dans le gouvernement qui gère cet exercice redondant.

Évidemment ce genre de magouille n'est disponible qu'aux grandes entreprises hautement profitables. Après tout, ce sont elles qui ont besoin de telles aides financières, non? Les petites PME sont capables de se débrouiller seules.

Et la conséquence? Bell paye beaucoup d'impôts. Qui comblera la réduction des impôts payés par l'entreprise?

D'après vous?

Bell devient une fiducie de revenue, exit BCE

Gaspillage des fonds publics: la police dépense des millions pour 4 clubs de poker... des tables de poker, des cartes et quelques grammes de pot

La police ontarienne aurait mené une enquête de six mois, impliquant plusieurs services de police, à un coût inconnu mais atteignant certainement quelques millions, pour arrêter 4 clubs de poker, surtout fréquentés par des étudiants.

Tout cet effort policier pour saisier quelques tables de poker, des cartes et quelques grammes de pot. Difficile de trouver pire gaspillage par les forces policières.

Les idiots qui ont dirigé l'opération devraient être renvoyés sur le champ pour grossière incompétence et dilapidation des fonds publics.

Encore une fois un échec lamentable des politiques de prohibition, qui ne font que gaspiller les fonds publics sans apporter le moindre résultat.

Quelques étudiants de l'université d'Ottawa devront se contenter de jouer au poker entres amis au lieu d'aller à un lieu dédié aux tournois.

Wow. Je bave d'admiration face à cet accomplissement et les millions qui ont été nécessaires pour y arriver.

CBC News: Police bust 68 and charge 'em in Ottawa poker raids

(En passant, CBC, laissez de côté les platitudes qu'on vous enseigne en communication à l'université. Inclure la petite blague de "charge 'em", en référence au Texas hold 'em, n'est pas du tout pertinent).

Harper propose une loi plus sévère pour les récidivistes: les pires récidivistes sont encore oubliés

Le gouvernement Harper proposera bientôt une loi plus sévère à l'encontre des récidivistes. Compte tenu des nombreux cas récidivistes d'ivresse au volant que nous avons connu ces dernières années, Mario Bastien en sus, ça fait pleinement du sens.

Cependant il ferait beaucoup de sens que cette loi s'étende aux pires récidivistes de notre société: les politiciens. Essentiellement, il serait de loin préférable que la population surveille le gouvernement que l'inverse. La pathologie réciviste des politiciens est établie depuis plusieurs milliers d'années, l'abus de pouvoir politique étant le plus vieux et plus fréquent crime de l'humanité.

La loi s'attaque spécifiquement aux criminels dangereux, ce qui cadre parfaitement avec les politiciens récidivistes. Ils ont en effet le contrôle absolu sur nos lois, nos systèmes de santé et d'éducation et dirigent essentiellement l'avenir de notre société.

Il va de soi que les politiciens devraient être inclus dans cette loi, particulièrement avec les récentes provisions de la loi anti-terroriste. Le gouvernement s'est donné le droit d'espionner ses citoyens. Il est cependant facile, moins coûteux et beaucoup plus avantageux que les citoyens surveillent plus étroitement encore les politiciens. Le pire des citoyens ne peut faire qu'une fraction du dommage d'un ministre incompétent, corrompu ou irrationel.

Après tout, comment les citoyens sont sensés faire des choix rationnels s'ils ne savent même pas ce que leurs représentants élus font? Comment les politologues sont sensés comprendre quoique ce soit, et peut-être un jour créer une connaissance utile en politique, s'ils ne peuvent même pas observer leur sujet d'étude?

Du fil de presse du Premier Ministre:

Le Premier ministre Stephen Harper a annoncé aujourd’hui que le nouveau gouvernement du Canada présentera une loi visant des condamnations plus sévères et la gestion plus efficace des personnes reconnues coupables d’infractions sexuelles ou avec violence.



« Nous allons imposer des conditions plus strictes aux récidivistes afin de les empêcher de commettre de nouvelles infractions », a déclaré le Premier ministre. « Nous faciliterons les désignations de délinquants dangereux qui purgeront ainsi des peines de prison de durée indéterminée. »


Le Premier ministre a fait remarquer qu’aux termes de la législation proposée, il incombera aux délinquants reconnus coupables d’une troisième infraction avec violence ou sexuelle de prouver qu’ils ne devraient pas être déclarés délinquants dangereux. S’ils ne peuvent le faire, ils seront assujettis à des peines d’emprisonnement de durée indéterminée, sans possibilité de libération conditionnelle avant sept ans. De plus, la législation ferait passer de 12 à 24 mois la période pendant laquelle le délinquant s’engage à ne pas troubler l’ordre public, mesure qui entraînerait des restrictions et conditions supplémentaires aux agissements des criminels libérés.


« Notre système pénal donne généreusement une deuxième ou une troisième chance », a ajouté le Premier ministre. « Mais à un moment donné, les gouvernements doivent fixer des limites et c’est exactement ce que fait ce projet de loi. »


Depuis son entrée en fonctions plus tôt cette année, le nouveau gouvernement du Canada a présenté diverses initiatives destinées à lutter contre la criminalité et à protéger la sécurité des Canadiennes et des Canadiens. Mentionnons entre autres celles qui visent à mettre fin aux condamnations avec sursis pour les auteurs d’infractions graves, à mettre en œuvre des peines d’emprisonnement minimales pour les crimes commis à l’aide d’une arme à feu, à rehausser de 14 à 16 ans l’âge du consentement à des activités sexuelles et à lutter contre les courses de rues.

Lutte au smog: 15 ans trop tard

Je me rappelle mes cours de physique au secondaire, il y a une bonne dizaine d'années, où la question des gas polluants était déjà fait accompli. Je me rappelle avoir vu dans ces cours des documentaires décriant le besoin d'agir, montrant clairement ce qui se produit aujourd'hui en matière de problèmes de santé (et de coûts reliés). C'etait en 1996. Et ce n'était rien de nouveau. Les gas de la pollution urbaine sont connus depuis plus de 20 ans.

Ca pris 2006 pour qu'une première loi sur ce problème soit signée et il a fallu pour ça le désir ardent d'un gouvernement de détourner l'attention d'un autre problème. Les gas du smog sont une sorte de compensation pour l'absence d'action sur les gas à effet de serre.

Evidemment, comme d'habitude, inutile de compter sur les médias d'information pour présenter ce contexte à l'annonce de cette nouvelle loi. Aucun contexte sur le fait que ça fait plus d'une décennie que plusieurs organismes et individus, notamment David Suzuki, essaient de convaincre les politiciens d'adopter des législations pour réduire la pollution atmosphérique.

Les gouvernements Mulroney, Campbell, Chrétien et Martin auraient tous pu mettre de l'avant une loi nationale sur la pollution atmosphérique. Ils ont échoué dans leurs fonctions.

Considérant que la loi canadienne a été écrite par des gens proches de l'industrie pétrolière, il y a toutefois à parier que la loi sera aussi pathétique que la loi américaine sur la qualité de l'air, qui sert davantage à limiter les mesures pour lutter contre la pollution atmosphérique qu'à agir concrètement.

Trop peu, trop tard M. Harper. Nous avons littéralement un gouvernement qui vit dans le passé, passant des lois qui auraient du l'être il y a 2 décennies.

mercredi, octobre 11, 2006

Le futur du Québec et le rôle de la science et de la technologie

Où sera le Québec dans quelques années dépend exclusivement de notre politique nationale face à la science et la technologie. Ceux qui ne voient pas les miracles de la société moderne ne connaissent pas la misère de notre passé. Nos ancètres avaient une espérance de vie d'à peine 40 ans avant le 20e siècle. Les soins de santé étaient à peu près inexistants et le confort possible aux plus miséreux de notre société moderne étaient un luxe réservé aux plus riches.

On ne travaille pas trop. Loin de là. On travaille mal, certes. On travaille en fait moins que jamais dans l'histoire de l'humanité. Vous pensez que la fin de semaine est une vieille tradition? En fait, si. Mais pour la majorité elle n'était aucunement envisageable.

C'est la science et la technologie qui ont exclusivement créé la richesse du monde moderne. Le PIB mondial est aujourd'hui entre 10 et 40 fois plus élevé qu'en 1900, dépendamment du calcul. La différence est entièrement explicable par les industries modernes, qui ont transformé les vieilles en plus d'en créer de centaines d'autres.

Le Québec a la chance de rattraper son retard et dépasser les sociétés qui ont pris de l'avance en science et technologie. Nous avons un système scolaire parfaitement adaptable (mais pas encore adapté) à l'economie de l'information, qui sera exclusivement fondée sur la science, et propice à créer une société d'ingénieurs, de chercheurs et de créateurs.

Malheureusement, le mot d'ordre actuel est vers les métiers techniques. Nos politiciens perpétuent le vieux mot d'ordre selon lequel les québécois sont nés pour un petit pain. Foutaises! Le Québec peut aspirer à dominer la nouvelle économie en se dédiant à son développement, en créant de nouvelles technologies capables de remplacer celles que nous perdons et de profiter des décennies de retombées économiques associées au développement de brevets à forte valeur économique.

Nous voyons toutes nos vieilles industries mourir. Même le bois, la vache sacrée du Québec, est en train de chuter et il n'y a aucune raison pour que la situation change.

Il n'y a aucun avenir pour le Québec dans la manufacture. Il n'y a aucun avenir non plus dans les ressources, sauf les renouvellables. L'énergie hydromécanique, thermique et éolienne seront largement plus bénéfiques que l'épuisement de nos forêts, la production de papier et autres industries polluantes, instables et lourdes en capital. Elles demandent également une grande expertise technique, qui est facile à partager dans l'économie mondiale. L'innovation est la seule stratégie économique capable de soutenir le développement d'une économie moderne.

Dans quelques années, les découvertes de la nanotechnologies crééront de nombreuses industries au potentiel économique largement supérieur aux ressources premières. Le domaine de l'énergie, dont la recherche s'effectue largement par simulations informatisées aujourd'hui, générera des revenus largement supérieurs aux industries énergétiques actuelles et alimentera les industries à haute teneur en énergie. Posséder de grandes ressources électrique a une très grande valeur industrielle. La montée du prix de l'essence donnera une valeur sans précédant à l'énergie naturelle, où le Québec peut facilement dominer le monde.

La connaissance est la ressource la plus facile à exporter et sera le fondement exclusif de la prochaine économie, basée sur la science et la technologie. Elle ignore également les barrières géographiques et est une solution parfaitement adaptée à nos régions saignées par la disparition de nos vieilles industries.

Il est malheureux que nos gouvernements ignorent complètement ces évidences, alors que notre société prend des retards considérables face aux économies plus vigoureuses. Le Québec est aujourd'hui très modeste sur le plan économique. Nos revenus sont dans la basse moyenne de l'OCDE, nos technologies largement arriérées face à plusieurs économies asiatiques et européennes.

Il faut crier haut et fort à nos politiciens: la solution à nos problèmes existe. Elle est même simple et particulièrement inspirante. La politique québécoise est complètement apathique depuis la révolution tranquille et les projets meurent toujours avant même de démarrer.

Aucun avenir industriel ne nous permet, un petit peuple de 7 millions, de rivaliser avec la puissance économique américaine ou chinoise. Sauf un: la science et la technologie. Il n'y aucune limite aux rendements de la technologie. Les rendements anticipés, par la nanotechnologie et la robotique par exemple, sont bien supérieurs à toutes nos vieilles industries et avec ces derniers, une petite économie peut en dominer de biens plus grandes.

Sortez vos livres, concitoyens. Il est temps que le Québec prenne en mains son avenir et brise le statu quo qui dure depuis des décennies. C'est par l'éducation que ça se passe et pour ça il faut que le gouvernement bouge.

Heureusement, c'est facile de faire bouger le gouvernement: il suffit de bouger nous-mêmes.

George W. Bush avant et après: l'alzheimer pourrait-elle être responsable?

Voyez la différence entre George W Bush il y a un peu plus de dix ans et des plus récents débats et discours.

Il y a une décennie, il était assez articulé et cohérent pour justifier sa présence en politique.

Un docteur postule la possibilité d'alzheimer.

Une raison médicale pourrait pleinement justifier sa destitution.

Qui pourrait argumenter qu'il n'ya pas un danger réel à ce qu'un individu au cerveau lapidé par l'alzheimer soit aux commandes de la plus puissante armée de la planète?

lundi, octobre 09, 2006

La mort imminente de l'industrie du diamant de bijouterie

Le diamant est une substance extrêmement utile dans plusieurs industries. Un des usages les plus prometteurs se trouve dans les semiconducteurs, où des processeurs à plusieurs centaines de terahertz ont été théorisés et plusieurs concepts réalisés.

La dureté du diamant le rend également utile pour renforcer des alliages et autres usages nécessitant une dureté extrême, bien que le diamant ne soit pas le matériau le plus solide. Un composé d'acétone et les nanotiges de diamant sont plus solides que le diamant naturel.

Il est depuis quelques années possible de créer des diamants synthétiques. Les procédés, dont le plus répandu est le dépôt chimique en phase vapeur (chemical vapor deposition), sont de plus en plus perfectionnés et permettront dans quelques années de produire du diamant à bon marché.

Les usages industriels sont innombrables. Il en est cependant tout autrement pour les bijoutiers. Après tout il n'y a absolument aucune raison pourquoi l'or et le diamant ont leur valeur actuelle hors de leur brillance et une valeur culturelle artificielle.

Pour ceux qui se demandent si les diamants naturels sont mieux que les diamants synthétiques, la réponse est: aucune différence. Un diamant est simplement une matrice de carbone formée à une température et une pression précises. Les diamants synthétiques sont en fait parfaits, ce qui est impossible naturellement.

Et, malheureusement, les diamants ne sont pas éternels. Très durables. Mais pas éternels.

La révolution nanotechnologique

Signe des temps modernes, les révolutions sont désormais prévisibles. Elles germent en effet plusieurs décennies dans les laboratoires avant de devenir matures, faciles à étudier et anticiper.

Une des prochaines révolutions concernera la fabrication moléculaire. En deux lignes, il s'agit de la capacité de manufacturer n'importe quel objet à partir d'une description informatisée de ses propriétés. Loin d'être une fantaisie de science-fiction, ce n'est qu'une question de temps (5 à 10 ans) avant que les premiers prototypes s'appliquent à fabriquer des... machines à fabrication moléculaire.

Les concepts ont déjà plus d'une décennie et le domaine a récemment profité d'investissements importants en europe. Un nouveau magazine scientifique a également été créé par les publications Nature cet automne et les développements avancent bien.

Un exemple récent a eu lieu au M.I.T., où des chercheurs ont modifié génétiquement un virus pour construire des nanofils d'oxyde de cobalt et d'or. Ces nanofils peuvent être utilisés comme électrode dans une batterie, permettant une augmentation de 200% à 300% de l'efficacité énergétique face aux technologies actuelles.

Les trois prochaines décennies verront des changements majeurs à nos modes économiques par le biais de la nanotechnologie, l'intelligence artificielle et la biotechnologie. Ce que nous en ferons dépend entièrement de qui contrôle leur développement.

En espérant que ce soit nous.

Si vous ne croyez pas aux révolutions, rappelez-vous quand Internet pouvait encore mourir comme une simple mode passagère. Ca ne fait pas si longtemps.

Et parlant du Web, il a un futur aussi: le Web sémantique. J'en parlerai dans les prochains jours.

La face changeante de la politique américaine: Stephen Colbertd

Il y a quelques années, le Québec a été béni d'une émission de télévision au caractère unique, avec un mordant capable de réveiller les plus apathiques et un humour grinçant à souhait. La fin du monde est à 7 heures fut probablement inspirée du pionnier dans le genre: le Daily Show.

Ayant débuté en 1996 avec Craig Kilborn à sa tête, Jon Stewart est depuis plusieurs années l'animateur vedette de cette émission moitié humour, moitié information, qui réussit malgré tout à présenter autant d'information que les émissions câble dédiées à l'information.

Un des comédiens de talent qui a travaillé sur l'émission, Stephen Colbert, a depuis quelques mois fait des ravages sur le terrain politique américain. Sous la peau de son alter ego ultra-conservateur, une parodie sans retenue du commentateur de Fox News Bill O'Reilly, Colbert présente le ridicule de la vie politique américaine avec une efficacité si redoutable qu'il ne peut plus être ignoré.

Nommé l'un des 100 américains les plus influents par le magazine Time, Colbert, qui pourrait avoir un pont à son nom en Hongrie, est un exemple de comment l'humour peut sauver la situation quand la politique devient plus satirique que le satire.

Je m'ennuie profondément de la Fin du monde est à 7 heures et du vide laissé sur notre société. Nos politiciens sont trop peu souvent victimes du mordant requis par leur arrogance à cacher leur travail au sein d'une institution publique.

New York Magazine a un article intéressant sur un homme qui a déjà changé la face politique américaine et qui pourrait, en espérant fortement, servir d'inspiration à un retour mordant de l'humour politique mi-sérieux au Québec.

Heureusement Infoman est au travail. Mais une émission par semaine ce n'est pas assez pour couvrir le volume de niaiseries qui sortent du gouvernement et En attendant ben Laden ne couvre pas assez les idioties locales, qui débordent de partout avec nos gouvernements actuels.

Stephen Colbert au NY Magazine

La doctrine Bush en action: la Corée du Nord réussit un test nucléaire

Essai nucléaire sous-terrain réussi en Corée du Nord. Du moins c'est ce que le clown en chef en dit. C'est facile de bluffer, mais il y a beaucoup d'offre pour la demande d'armes nucléaires.

Saddam Hussein n'avait pas d'armes. Raison première de l'attaquer. C'est effectivement la doctrine Bush en pleine action. La même qui a été essayée par tous les empires.

Toute l'invasion de l'Irak a été expliquée clairement dans South Park. Le plan de l'administration Cheney a autant de sens que le plan des nains:
  1. Voler sous-vêtements (ou envahir l'Irak)
  2. ?? (??)
  3. Profit (ou pétrole à prix record)


Le plan Bush

dimanche, octobre 08, 2006

Dilbert et le contexte dans les médias

Dilbert n'a rien à voir avec ce message, c'est plutôt son créateur, Scott Adams, qui a écrit une excellente critique sur le manque de contexte dans les médias. C'est une critique que je fais souvent, et que j'ai à plusieurs reprises rappellée à l'ombudsman de Radio-Canada: que les nouvelles manquent toujours de contexte. L'information présentée est toujours si limitée en portée qu'il est pratiquement impossible pour un individu de faire un jugement cohérent à moins d'avoir une mémoire photographique des événements reliés.

Les choses sont sensées changer un peu cet automne aux nouvelles de Radio-Canada. J'ai hâte de voir ça. Parce que ce n'est pas avec l'état actuel des médias d'information que les citoyens sont capables de faire des choix politiques éclairés. Les médias d'information sont trop souvent myopes et se contentent de "il a dit" et "ils ont répondu que"...

Les partis politiques sont bien trop enthousiastes à tirer profit de l'ignorance de l'électorat et s'en tenir au marketing des faiseurs d'images. Personne n'a vraiment intérêt à ce que les médias d'information fassent leur travail correctement. A part, bien sûr, tout le reste de la population.

Malheureusement, comme 90% du contenu sur Internet le texte est en anglais. Mais la critique porte aussi bien sur la société américaine que sur la nôtre. Nos médias d'information en font trop peu pour remplir leur rôle d'informateurs publics.

mercredi, octobre 04, 2006

Les soins de santé seront 50% des dépenses publiques en 2020 en Ontario, 2056 au Québec

Radio-Canada - Le Québec en santé?

L'Institut Fraser s'est penché sur la question du coût des soins de santé au Canada et estimé la période où ces soins feraient 50% du budget de chacune des provinces canadiennes. Le Manitoba et la Saskatchewan y arriveront en premier, vers 2016, l'Ontario en 2020 et le Québec en 2056.

Il y a beaucoup de solutions aux problèmes de santé, mais les seules capables de les résoudre définitivement est l'utilisation de la science et de la technologie. Il semble que nous ayons le luxe de 50 ans avant ce seuil critique, il est tout indiqué d'en profiter.

Le coût d'une maladie est exponentielle avec le temps. La plupart des maladies ou infections peuvent être traitées par de simples interventions. Ces méthodes préventives seront beaucoup plus efficace avec l'utilisation de la nanotechnologie, permettant de cibler avec une efficacité maximale la source d'une infection ou maladie et la traiter sans affecter le corps en entier.

C'est lorsque les complications surviennent que les coûts atteignent les centaines de milliers. La plupart de complications graves sont pourtant faciles à éviter en unifiant les dossiers médicaux et en menant des examents complets réguliers.

Le système d'information capable de gérer les données médicales de la population québécoise est un projet important mais pleinement réalisable. Les examens réguliers sont coûteux mais peuvent être automatisés pour la plupart.

L'infrastructure et la base technologique pour un tel système existe depuis déjà plusieurs années et sauverait des milliards sur une longue période, en prévenant aggressivement les causes de la maladie.

Qu'est-ce qu'ils font de leurs journées les génies au gouvernement?

Prédateur sexuel au parti républicain: c'est la faute des démocrates

Imaginez un instant qu'on découvre que le chef du comité de la chambre des représentants sur l'abus et l'éthique envers les enfants était découvert avoir des entretiens de nature sexuelle avec des adolescents volontaires à l'assemblée.

Imaginez que le représentant serait du parti libéral.

Imaginez maintenant des milliers de personnes répétant le mot d'ordre du parti libéral que c'est la faute à l'ADQ.

Imaginez que ces milliers de personnes rejoignent des entaines de milliers de citoyens par leurs opinions et que ces derniers les partagent.

C'est ce qui se passe au Congrès américain ces temps-ci. Beaucoup de citoyens américains supportent le représentant républicain accusé de ces entretiens avec des mineurs. J'ai vu des choses bizarres dans la politique américaine, mais celle-ci est parmi les plus bizarres.

Une des sources principales est Rush Limbaugh, animateur de radio écouté par des dizaines de millions d'américains chaque jour, ex-candidat à la présidence et essentiellement malade mental.

Beaucoup de blogues américains avec des millions de lecteurs (plusieurs dizaines de millions pour certains) répètent ces défenses et accusent les démocrates de jouer de la politique.

Voyez, la révélation que le leadership républicain savait depuis plus d'un an qu'un prédateur sexuel était chef du comité de la chambre sur l'exploitation sur et l'éthique envers les enfants arrive 5 semaines avant les élections.

Alors c'est jouer de la politique. C'est logique.

Après tout ce n'est pas comme s'il y avait des sujets importants desquels on désire dévier l'attention. C'est con mais dire des conneries comme ça est politiquement préférable au parti détenant les trois branches du gouvernement américain. Les républicains sont victimes des citoyens qui n'aiment pas Bush. La notion de démocratie aux États-Unis ne tient plus vraiment compte des opinions.

Ca risque réellement de retomber sur le nez des démocrates, qui n'ont aucune position ferme sur leurs priorités.

C'est mieux d'être certain d'être en faveur de la torture indiscriminée qu'hésiter sur la voie à suivre pour régler les problèmes graves dans lesquelles cette bande d'idiots se sont empêtrés.

Si jamais certains se demandent pourquoi j'écris tant sur la politique américaine, voilà: parce que c'est tout simplement rendu complètement fou là-bas. Et il n'y a pas de signe que ça change.

40% des sénateurs américains sont millionaires.

Et environ 30% des gagnants du prix Nobel sont américains.

Drôle de société où les plus cons de la Terre cohabitent avec les plus brillants.

Le gouvernement américain peut continuer d'espionner ses citoyens, juge une cour fédérale

Yahoo - Court temporarily OKs domestic spying

Dans un jugement étrange, une cour fédérale américaine a décidé que le gouvernement américain peut continuer d'espionner sur ses citoyens en attendant qu'un jugement final soit rendu sur la constitutionnalité du programme de surveillance.

Compte tenu que notre gouvernement fédéral n'a pas particulièrement démontré être très au-dessus du gouvernement américain en matière de compétence, ce qui n'est pas particulièrement difficile, il serait tout indiqué que le gouvernement Harper prenne une position ferme sur la question et mette en place des mesures pour qu'une telle chose ne se produise jamais au Canada.

Il n'y aura jamais une raison valable au gouvernement d'espionner de façon indiscriminée la population. Il sera toujours largement préférable que les citoyens connaissant tout sur le gouvernement que l'inverse.

Rien n'exclut la possibilité que les citoyens canadiens soient visés par l'espionnage américain et il y a peu de chance pour que les "terroristes" de tout acabit se limitent à une seule version encore longtemps. Qui sait quand les défendeurs des libertés civiles ne seront pas terroristes bientôt. Un gouvernement est toujours bien plus susceptible d'abuser du pouvoir qui lui est accordé qu'en faire bon usage. La seule façon de s'en assurer est que la population sache absolument tout ce qui se passe au gouvernement

Les États-Unis ont quand même passé à travers plusieurs crises similaires par le passé, chapeau au sénateur Joseph McCarthy, mais rarement l'exécutif américain n'a été occupé par un groupe d'individus aussi ouvertement et fermement antidémocratique.

La politique américaine actuelle dérive de la pensée du philosophe Léo Strauss, qui avait une vision très négative et condescendante de la démocratie. Les penseurs du gouvernement américain ont un très grand pouvoir sur nos vies, la société canadienne étant dépendante de la société américaine pour sa survie économique.

Il serait facile de s'en sortir, exploiter une ressource inépuisable, peu coûteuse et à valeur exponentielle avec sa maîtrise: l'intelligence. La technologie traine de la patte au Canada et au Québec et s'y intéresser serait une voie particulièrement forte pour l'indépendance économique du Québec, et du Canada s'il veut bien suivre.

La connaissance est la ressource la plus facilement exportable. J'aimerais bien voir notre société plus indépendante des idiots qui jouent aux échecs avec l'humanité.

mardi, octobre 03, 2006

Bilan du gouvernment Charest 2006

Le 20 juin 2006, le gouvernement Charest a publié un document électronique de ses réalisations. Ce document a été couvert par quelques émissions de Radio-Canada, mais rien de plus. Je ne trouve rien dans les archives de Radio-Canada, Canoe ou Le Devoir. Alors certainement que beaucoup l'ont manqué.

Parmi les points saillants, on trouve:
  • Baisse de l’effectif de 3700 personnes en 2007
  • 500 M$ économisés chaque année en réduisant les coûts de fonctionnement
  • 925 M$ pour moderniser les entreprises, diminuer leurs coûts d’opération et soutenir les travailleurs (budget 2006-2007)
  • Ajoute à la Chart des droits et libertés le droit de vivre dans un environnement sain etrespectueux de la biodiversité
  • Investissements de $25G et $6G et création de 70,000 et 9,600 emplois respectifs pour l'hydroélectricité et l'énergie éolienne
  • Fonds des générations pour la réduction de la dette
Cette déclaration arrive tôt dans le document: Des initiatives qui depuis 2003 façonnent leQuébec d’aujourd’hui et des 15 à 25 prochaines années, mais il n'y a pas de précisions sur ce en quoi ces initiatives consistent. Il y a beaucoup d'investissements. Mais des initiatives?

Le document mentionne la création d'un Fonds vert, mais à part le Le Fonds municipal vert, un programme fédéral de subventions, une recherche sur le site du gouvernement ne donne qu'une référence au projet de loi, dont le but est marqué ainsi: Ce fonds vise, entre autres, à appuyer la réalisation de mesures favorisant un développement durable, plus particulièrement en regard de son volet environnemental, de même qu'à permettre au ministre, dans le cadre prévu par la loi, d'apporter un soutien financier, notamment aux municipalités et aux organismes sans but lucratif oeuvrant dans le domaine de l'environnement.

Ca parle aussi de gouvernement plus transparent mais il n'y a pas plus de détails. C'est presque ironique. Je trouve toujours aussi dur de savoir ce qui se passe au gouvernement et mes requêtes pour avoir ces informations me sont toutes restées sans réponse.

Le reste concerne peu la population et consiste majoritairement à des réalisations administratives.

Ce que je remarque le plus est l'absence de vision politique. Les réponses sont toujours économiques et il y a peu de détail au-delà des sommes investies. La plupart des politiques se résument à des objectifs clairs, il n'y a peu de raison de ne pas détailler davantage que l'absence d'une stratégie concrète. S'il existe de telles stratégies, le gouvernement les cache et ne respecte pas particulièrement son objectif d'être plus transparent.

La démocratie n'a pratiquement pas bougé depuis 225 ans. Notre système gouvernemental est essentiellement identique à celui des colonies. La légitimité des acteurs principaux a grandement changé, mais les façons de travailler ont peu évolué.

La population a traditionnellement été écartée de la politique pour des raisons pratiques. Aujourd'hui, nous sommes tous connectés et en mesure de partager des opinions, faire des jugements et voter sans encombrer trop le quotidien.

La raison principale pourquoi la plupart des citoyens ignorent le système politique est qu'ils n'y ont aucun poids. Il n'y a aucune participation significative possible en dehors des partis politiques et aucune raison pourquoi ça serait préférable. Il y a peu d'efforts pour rendre la participation active des citoyens en politique plus importante ou significative qu'elle ne l'a toujours été.

La participation démocratique pourrait être beaucoup plus active. Ceux qui pensent que ça sera trop difficile n'auront qu'à continuer à ignorer la politique. Je suis persuadé qu'il y a une proportion importante de citoyens qui aimeraient avoir une participation directe au gouvernement, à voter pour certains projets ou lois plus critiques et donner au peuple le pouvoir de voter contre le gouvernement.

Il est normal qu'un gouvernement élu par le peuple puisse être démi par le peuple. C'est un emploi comme les autres. Simplement plus fondamental à nos vies. Nous ne sommes pas moins les boss de nos politiciens.

Ca c'est la théorie. Reste un peu de créativité et de connaissances techniques pour y arriver. Rien de trop dur...

Les États-Unis d'Amérique du Nord

Vous savez qu'il y a un projet de loi visant à créer une zone géopolitique englobant le Canada, les États-Unis et le Mexique dans une communeauté semblable à l'Union Européenne?

Pas que nos gouvernements en parlent beaucoup...

L'accord, loin d'être final, a été signé en 2005 par le gouvernement Martin.

Dans beaucoup de contextes ça aurait été positif. Mais avec le cancer qui ronge le gouvernement américain, une union politique avec un état aussi instable et dysfonctionnel ne peut qu'être grandement dommageable pour le Canada.

Tant que les problèmes politiques ne sont pas réglés aux États-Unis c'est avec grand péril que ce projet pourrait nous être imposé.

11 septembre: deux principaux ont été avertis de même que le secrétaire à la justice

Les "principaux" sont les membres les plus importants du cabinet exécutif américain, groupe formé par le secrétaire à la défense, le conseiller à la sécurité nationale et le vice-président. Si quelque chose relevant de la sécurité nationale se rend jusqu'au président, les principaux en ont été avertis et ont autorisé la question.

Un livre récent de Bob Woodward, reporter au Washington Post qui a fait éclater le scandale du Watergate, mentionne que Condoleezza Rice, alors consellière à la sécurité nationale, a été avertie le 11 juillet 2001 de la possibilité "se chiffrant à 10 sur une échelle de 1 à 10" qu'une attaque terroriste survienne. En creusant dans les rapports de la commission du 11 septembre, il fut également découvert que le directeur de la CIA à cette époque, George Tenet, a témoigné sous serment que le secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld (qui a mentionné 3 jours avant la guerre en Irak douter que le conflit pourrait durer plus de 6 mois), ainsi que le secrétaire de la justice, ont été avertis de la situation une semaine après.

Mettant en contexte le PDB (President Daily Brieifing, memo sur les questions importantes du jour remis au président) du 6 aout 2001, intitulé "Bin Laden déterminé à attaquer les États-Unis", toute la justification du président et de la conseillère à la sécurité nationale, comme quoi personne n'aurait pu prévoir l'événement, s'écroule.

L'administration Bush a simplement été trop incompétente, obsédée par le projet de la guerre en Irak, qui mijotait bien avant l'élection de Bush dans le cercle de "penseurs" qui formeront le coeur des comité sur les politiques étrangères: les néoconservateurs.

Voici un bon résumé du Mercury News: Rumsfeld, Ashcroft said to have received warning of attack

Si on savait tout ce qui se trame au gouvernement, rien de tout ça ne serait arrivé, les coupables auraient été punis et la guerre en Irak n'aurait jamais eu lieu. L'économie américaine n'aurait pas été amochée de près de $1 trillion (le 11 septembre est estimé avoir coûté à l'économie américaine près de $400 milliards, chiffre similaire à la guerre en Irak) et l'économie canadienne en serait beaucoup plus en santé.

Mais non. Il se trouve encore des idiots de politologues capables d'argumenter que le privilège de confidentialité du gouvernement permet aux politiciens de mieux travailler.

Ouais, et les patates pilées dans l'essence ça fait mieux rouler le moteur.

lundi, octobre 02, 2006

Kyoto au Canada: on parle, on s'en fout, les émissions de gaz en hausse au pays

Toujours en attendant un "plan international pour la lutte aux gaz à effet de serre" (à peu près les termes utilisés par Stephen Harper lors des élections, expliquant pourquoi il ne favorisait pas Kyoto et préférait une alternative), la pollution atmosphérique au Canada est en hausse importante.

C'est ce qui arrive quand on n'a pas de leadership politique:
La commissaire à l'Environnement du Canada montre du doigt l'industrie pétrolière et gazière. Depuis 1990, plus de 28 % de la hausse des émissions de gaz à effet de serre est attribuable aux produits pétroliers et gaziers. De plus, les émissions de cette industrie ont augmenté de plus de la moitié pendant cette période.

On recule au lieu d'avancer.
En vertu du protocole de Kyoto, le Canada s'est engagé à ce qu'au cours de la période de 2008 à 2012, ses émissions aient diminué de 6 % par rapport à 1990.

Mais en 2004, les émissions de gaz à effet de serre au Canada dépassaient de 27 % les niveaux de 1990 et loin de décliner, elles étaient en hausse.

Après tout le présent gouvernement ne sera pas là en 2010, alors pourquoi se donner tout ce trouble?

Kyoto quoi? Une centrale au gaz en plein coeur de Toronto

Brillant plan en Ontario pour remédier aux gas à effet de serre, construire une centrale au gaz en plein centre-ville de Toronto, là où le trafic automobile n'en produit pas assez:
Pour remédier à sa pénurie d'électricité, le gouvernement ontarien propose un ambitieux plan énergétique qui comprend notamment la construction de réacteurs nucléaires et de centrales au gaz.

L'une de ces centrales est en construction en plein coeur du centre-ville de Toronto. Le chantier de la centrale électrique au gaz de 550 mégawatts foisonne d'activités depuis maintenant cinq mois.

Modification de la loi électorale au Québec: tenue de référendums conjoints avec les élections

Les citoyens sont essentiellement coupés de toute participation politique dans le système politique québécois, où tout passe par les partis politiques ou les consultations publiques. Certes ces consultations ont un aspect démocratique, permettant les opinions diverses, mais les citoyens n'en demeurent pas moins écartés du processus de décision, généralement mené derrière des portes closes, où la démocratie ne tient plus.

Plusieurs pays, provinces et états tiennent des référendums en même temps que les élections, permettant aux électeurs de se prononcer sur des sujets particuliers. Ce système est très présent aux États-Unis et particulièrement fort en Californie.

Le Québec pourrait sortir de son retard démocratique et permettre une implication plus directe des citoyens en modifiant son processus électoral pour inclure de tels référendums. C'est ce que propose le Ministre responsable de la réforme électorale, qui propose d'introduire un tel système, par un vote référendaire bien sur, de même que l'adoption d'un système de représentation proportionnelle, qui donnerait aux partis politiques le même pourcentage de sièges que le nombre de votes reçus.

Ces changements sont une amélioration tardive mais désirable. Présentement, un parti ne recevant que 1 ou 2 % de plus de vote que le deuxième parti peut détenir plus d'une dizaine de pourcent des sièges. Notre système accorde ainsi une proportion exagérée aux gagants, dans l'hypothèse que ça permet au parti formant le gouvernement de travailler plus efficacement. Avec pour conséquence que ça distortionne la représentation démocratique, sans pour autant avoir fait la moindre preuve que l'hypothèse tient vraiment.

Mais avant de s'enthousiasmer que notre système politique puisse reprendre de la vigueur, il faut rappeller que ça fait plus de 20 ans que la représentation proportionnelle est étudiée. Ca bouge pas vite au Québec...

dimanche, octobre 01, 2006

Prédateur sexuel au Congrès américain: le leadership du parti républicain savait

Cette semaine, un représentant républicain, Mark Foley de Floride, a reconnu être un prédateur sexuel et résigné son siège au Congrès. Le scandale ne se trouve cependant pas là, puisqu'il fut révélé dans les derniers jours que le Speaker de la chambre, représentant officiel de l'ensemble des représentants du parti au pouvoir (dans ce cas le parti Républicain), était au courant de la situation depuis au minimum 1 an et n'a rien fait.

Les premières déclarations du Speaker, le représentant républicain Dennis Hastert, niaient avoir pris connaissance de la situation. Il fut cependant révélé quelques heures plus tard qu'un autre représentant républicain, John Shimkus de l'Illinois, avait pris connaissance de la situation en automne 2005 et en avait fait part au Speaker depuis ce temps.

Le Congrès a mené une enquête interne
, dont les conclusions sont cependant contredites par les révélations d'aujourd'hui reconnaissant que le Speaker de la chambre, dont une des tâches est d'assurer le bon comportement des représentants, avait averti de la situation.

Alors un (ex) représentant républicain est un prédateur sexuel, le leadership de son parti était au courant et a tenté de cacher la situation. Et avec tout ça il s'en trouve pour croire qu'un système politique peut fonctionner correctement sans une surveillance poussée des actions de ses décideurs. Pour certains, majoritairement proches du pouvoir, le gouvernement doit bénéficier du bénéfice du doute pour pouvoir travailler efficacement.

Quelle opinion stupide. Désolé mais toutes les opinions ne se valent pas et dans ce cas la stupidité est extrême, ignorant plus de 25 siècles d'histoire pendant lesquelles les gouvernements ont systématiquement abusé de leurs pouvoirs.

Ces scandales sont évidemment hautement désirables dans le climat actuel, servant de distraction à la guerre en Irak et à l'incompétence du gouvernement Bush à quelques semaines des élections de mi-mandat. Celui-ci n'est cependant pas désirable, se produisant au parti conservateur, pour qui la "morale" et les "valeurs traditionnelles", dont la définition change toujours selon les circonstances, sont la seule carte électorale.

Le parti républicain est à peu près inutile dans tout ce qu'il touche, déprimant toujours l'économie quand il est au pouvoir, menant des politiques étrangères désastreuses qui finissent toujours par revenir en force (bin Laden a été financé par le gouvernement Reagan dans sa politique pour contrer l'invasion soviétique en Afghanistan dans les années 80) et les politiques domestiques rappellent constamment l'échec d'une vision conservatrice, pessimiste, du monde. Katrina n'est qu'un exemple parmi tant d'autres du peu de souci de gouverner que les conservateurs ont.

 
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